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  • L’observation, l’observateur et l’observé   

    Extrait de "La Joie d'être"

     

     

    La conscience est de l’énergie intelligente et créatrice. Elle est conscience/énergie. Onde et particule. Perception pure et mouvement.

    Elle est mouvement et perception du mouvement.

    Manifestation et perception de la manifestation.

    Perception et perception de la perception.

     

    Pour s’expérimenter dans son êtreté, la conscience se condense, se densifie. Comme si elle se repliait sur elle-même. Jusqu’à ce qu’apparaisse le mouvement.

    C’est comme si dans un océan en trois dimensions, sans limites et parfaitement calme mais vibrant d’êtreté, se produisaient de multiples vaguelettes. A l’infini. Le fait d’être se condense, et en se « sentant » être par le mouvement, la conscience passe de l’état de vacuité à l’état de « Je suis ». Elle n’est pas définie, elle n’est pas quelque chose. Mais la conscience d’elle-même apparaît.

    Comme elle est onde et particule, ce « Je suis » prend une forme matérielle. Le monde manifesté est créé. C’est ce que les scientifiques appellent le big-bang. Pour que du sans-forme naissent des formes, il faut que quelqu’un ou quelque chose les perçoive. Il faut un observateur. C’est le rôle du « Je suis ».

    C’est la première division de la conscience. Elle devient à la fois observation et observateur.

    Dans la nature, les pierres ne sont pas conscientes d’être des pierres, les plantes d’être des plantes, les animaux d’être des animaux. La conscience à travers la nature se goûte en tant que forme et sensation, pas en tant qu’individu défini.

    Alors elle se densifie encore, créant une nouvelle division, et apparaît l’humain. A travers lui, elle s’expérimente en tant qu’identité, personne.

    Le bien et le mal existent seulement à ce niveau, et sont une résultante de l’illusion de la séparation.

     

    Bien entendu, comme il n’y a pas de temps, tout ceci se produit simultanément. Nous sommes à la fois la conscience impersonnelle, la conscience divine et l’individu. L’observation, l’observateur et l’observé. L’ultime réalité englobe tout cela.

    La conscience impersonnelle est la source de ce qui est dans le sens où elle est l’unique vérité, la vérité universelle, que nul ne peut contester, qui est vierge de toute représentation, de toute croyance : il y a quelque chose qui existe. Le fait d’être, le fait « qu’il y a quelque chose » est la seule certitude unanime et absolue.

    [...]

    La première densification de conscience crée le Soi, le « Je Suis », l’observateur. Il créé son double matériel et peut ainsi se voir dans le miroir de la perception. A travers l’homme, cette alchimie crée la Sainte Trinité, l’expérience existentielle.

     

    L’humain, l’être qui se prend pour un individu et conscientise le monde par la pensée, ne peut pas ne pas exister. L’univers est rempli d’humains. Il est à la fois la condensation de conscience la plus forte, donc la plus éloignée de sa source, et le moyen le plus abouti de la conscience pour se goûter dans son êtreté. Il est celui qui pose la question de l’Etre, qui en fait le constat.

     

    J’ai le sentiment d’avoir remis Dieu à sa place, et j’en ressens un grand soulagement. J’ai découvert Dieu il y a treize ans. J’étais athée auparavant, par mon éducation. L’athéisme, qui me semblait être la triste vérité, me rendait profondément dépressive. Je n’avais aucune joie à parcourir une vie dénuée de sens. Quand j’ai eu la révélation que l’univers était une entité consciente et bienveillante, je me suis identifiée à lui, au Père-Mère créateur, comme à un personnage. J’ai vu que j’étais lui et j’ai cru que c’était ma nature ultime.

     

    Depuis lors, quand je priais Dieu, je lui parlais comme à un être. Non comme à un potentiel. Je croyais parler directement à la source de la conscience. Je me trompais. Je m’adressais à un intermédiaire. Je m’adressais à la dimension « Je suis » de l’univers. A l’observateur, à qui je prêtais une intention, une volonté. Et non à l’océan d’énergie originel au niveau duquel il n’y a pas de « Je », donc aucune volonté particulière, aucun plan, et où tout est possible. Et qui est le véritable Dieu.

     

     





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