• Revenir à Ce qui perçoit

    Revenir à Ce qui perçoit

     


    Lionel : L’une des questions qui m’a longtemps obsédé a été « pourquoi moi ? ». Je n’avais rien fait, et même rien cherché. De quoi donc étais-je donc redevable ? Alors que je savais, en moi-même depuis le début, que je n’étais redevable de rien, que je n’avais rien à faire, rien à justifier, rien à fournir, même pas de bons actes, et que quoi que je fasse, tout irait toujours bien. D’autant que je ne craignais plus de mourir et que j’avais expérimenté, sans le moindre doute, le temporel et l’intemporel (Ce qui est). »

    Suyin : C’est amusant cette question, et je me la suis posée souvent aussi. Avais-je quelque chose de spécial ? Un destin, une mission ?
    A présent, c’est amusant de voir que cette question n’est produite que par l’identification à un « moi » séparé, individuel… Alors que l’éveil est justement la disparition de cette identification ! Cette question, vue comme cela, n’a plus aucun sens, et devient même comique ! Ce n’est qu’un jeu du mental qui s’approprie l’expérience. Car en réalité, rien n’est jamais arrivé à personne. Cela est arrivé à « la vie », simplement. C’est la vie qui fait sa danse et qui à travers certains organismes se reconnaît comme pure conscience.

     

     

    Lionel : je reste encore parfois avec le « mal de mer » entre tous ces plans. Densification, expansion… c’est parfois fatiguant (j’ai vécu ma première « expérience » il y a 3 ans)

    Suyin : Cela prend du temps pour se réajuster à l’inversion de perspective. L’habitude de s’identifier au corps est tellement ancrée ! Reviens autant que possible à Ce qui perçoit. Quand il y a densification, ne lutte pas, accueille cela puis tourne ton attention vers ce qui est conscient de la densification. Et vérifie si Ce qui est conscient est dérangé par la densification… L’ego (le sentiment d’identification) n’est vu comme un problème que depuis l’ego ! Pour la Présence, ce n’est qu’un phénomène, un jeu, une expérience ! En regardant de cette façon, peu à peu le yoyo se calme. On apprend à accueillir et aimer tous les états, qu’importe « pour qui l’on se prend ». On se reconnaît fondamentalement comme la Présence au sein de laquelle l’identification apparaît et disparaît, on défocalise de la vague pour se reconnaître comme étant l’océan. La goutte d’eau dans la vague peut avoir le mal de mer, mais pas l’océan, quand bien même il y aurait des grosses vagues…

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    Lionel : Sincèrement merci de ce retour. J’ai pris le temps de mettre en pratique certaines choses. Dont rester à Ce qui voit. Durant tout ce week-end. C’est vrai que les choses deviennent tout de suite beaucoup plus faciles et plus légères. Et que l’univers s’illumine et résonne encore plus. Que les petits détails de la vie sont vus et vécus encore plus fort et que tout semble correspondre et être relié (pleins d’anecdotes à ce sujet en 48 heures seulement. La Vie est magique !)