• "Ce qui est vécu"

     

    Quand la perception, l'attention, se déplace de "quelqu'un qui vit quelque chose" à "ce qui est vécu", il n'y a plus de non à ce qui est, et il n'y a plus de manque de ce qui n'est pas.
    "Ce qui est vécu" n'appartient à personne, il n'y a pas d'identification, cela apparaît simplement dans le champ de la conscience.
    La situation vécue est alors parfaite telle qu'elle est dans l'instant, il n'y a ni jugement ni refus de l'événement, ni aspiration à le changer.


    Vouloir changer ce qui est paraît alors aussi absurde que de vouloir changer la position d'une étoile ou la course d'un nuage en observant le ciel.

     

     


  • La conscience aime être

     

    Derrière chaque chose que nos sens perçoivent, il y a de la conscience.

    Il n'y a rien qui ne soit pas de la conscience en amont de la forme.
    Et la qualité, le parfum de la conscience, est quelque chose qui ressemble à ce qu'on appelle l'amour.
    L'amour d'être.
    La conscience aime être.

    C'est merveilleux ! L'amour d'être sous-tend tout ce que nous vivons, quelle qu'en soit la forme.
    Que ce soit la joie ou la peine, le bonheur ou la souffrance, le plaisir ou la douleur.
    Quand nous sommes heureux, l'amour d'être illumine nos cœurs de sa bénédiction.
    Quand nous souffrons, l'amour d'être, par son silencieux soutien inconditionnel à la vie, nous aide à traverser l'épreuve.

    La conscience aime être, passionnément.
    C'est un feu joyeux, serein, vibrant.
    Un désir ardent porté par une plénitude totale.
    Ah... L'assurance tranquille de l'Eternité !
    Tout ce qui est à accomplir l'est, tout ce qui est à vivre est en train d'être vécu. Et dans une perspective linéaire du temps, il en sera toujours ainsi. Pas le moindre sentiment de frustration, de manque, d'impatience.

    Le désir ardent d'être est comblé. C'est à la fois jubilatoire et tout à fait naturel.
    C'est la condition de l'Etre. La nature de la conscience est jubilation sans début ni fin.

     

     

    (extrait de La joie d'être)

     


  • On ne peut jamais être coupé de soi-même

     

    On ne peut jamais être coupé de soi-même, du Soi.
    Quelle que soit la perception qui est vécue, l'identification à un individu ou l'éveil à la nature impersonnelle, c'est toujours la même conscience, c'est toujours Soi.
    C'est la même conscience, l'Etre, qui change simplement de perspective.

    Au niveau le plus densifié, la conscience se prend pour une personne, elle est comme "centralisée", "recroquevillée", et elle perçoit tout en terme de dualité "moi" et "autre". Au niveau le moins densifié, la conscience ne perçoit plus depuis un centre. Elle est la totalité, elle est Ce qui est. Elle se reconnaît dans tout.
    La conscience peut naviguer d'un monde à un autre, du manifesté au non-manifesté, de l'ego au divin.
    Elle est l'expérience de l'ego, elle est l'expérience du divin, elle est l'expérience du voyage de la perception.

    Quand nous sommes identifiés à une personne, nous nous sentons coupés de nous-mêmes, de notre "vraie nature". Mais c'est une illusion, seulement une illusion. Nous sommes notre vraie nature, en permanence, cela ne peut être autrement. Nous sommes notre vraie nature qui se perçoit comme coupée d'elle-même.

     

     

     


  • Les limites du moi

     

    Le sentiment de moi est défini par les frontières du corps.

    Le corps est l'habitacle du moi.
    Tout ce qui se passe dans mon corps est "moi", tout ce qui se passe à l'extérieur de mon corps est "autre que moi".
    Ce qui signifie qu'il y a d'un côté "moi", défini par les limites spatiales de ce corps, et de l'autre, les milliards de choses et d'êtres vivants de l'univers qui ne sont pas moi, qui sont autres, différentes, étrangères. Un petit condensé de matière est moi. Le reste, l'immensité infinie, tout ce qui compose la vie en dehors de ce corps, n'est pas moi.
    Quelle solitude !!
    Pas surprenant que ce moi cherche tellement à être reconnu par ce qui est "autre que moi" !
    Rien d'étonnant à ce que 90 % des échanges humains se fassent sur le mode :
    - Moi, je....
    - Et bien, moi, je...
    - Ah, ben moi, je...
    Le besoin de reconnaissance n'est pas un acte péjorativement nombriliste, mais un acte de survie pour supporter l'insondable sentiment de solitude et d'isolement qui caractérise la sensation de "moi".

    La bonne nouvelle, c'est que ce sentiment de moi est une illusion, une création de la pensée.
    La science a démontré que dans l'infiniment petit, il n'y a pas de frontière entre le corps et l'espace qui l'entoure. Cette limite, cette frontière qui fissure la perception en deux : "moi" et "non-moi", n'a pas de réalité physique. Elle est un produit de l'esprit. Elle est imaginaire. Elle nous a été inculquée dans la petite enfance. Pas de problème en soi avec cela, mis à part que l'on y croit. On ne nous a pas précisé qu'il s'agissait d'une création psychique. On nous a fait croire que c'était réel, comme le père noël. Et cela, ce mensonge involontaire, nous fait souffrir en nous isolant du reste du monde et en nous coupant de notre vraie nature.

    Alors, si cette frontière entre "moi" et "non-moi" n'existe pas réellement, il en résulte que soit "tout est moi", soit "rien n'est moi". Totalité ou Vacuité. Ce qui revient au même. Ou bien il n'y a plus de notion de "soi", ou bien il y a la notion d'un seul et unique Soi. Dans les deux cas, il n'y a plus de sentiment de solitude.

    C'est réconfortant.
    Quand on sait cela, quand nous sommes au courant qu'il n'y a aucune séparation entre notre corps physique et le monde, même si l'illusion du moi est toujours présente, le sentiment de solitude est moins fort. On ne peut plus vraiment y croire, et la vérité peut être rétablie peu à peu dans notre perception.

     

     


  • Le moi est comme le père Noël

     

    Le moi est comme le père Noël.
    Il existe, mais il n’est pas réel.
    Le père Noël existe dans notre imaginaire, notre culture, notre mythologie. C’est une légende qui fait rêver les enfants, c’est un produit de consommation, c’est un symbole. Il fait partie de nos vies, pourtant il n’y a nulle part un homme nommé Père Noël qui pense, ressent, agit, fabrique et distribue des cadeaux…
    Le moi c’est exactement pareil. Le moi, c’est le cerveau qui imagine qu’il est quelqu’un, qu’il pense, ressent, agit, fait des choix, travaille, cherche le bonheur, l’amour, le succès… C’est une histoire inventée par le cerveau.


    Qu’est-ce que s’éveiller ? Qui s’éveille ? Ce n’est pas le moi. Ce n’est pas le personnage du rêve qui réalise qu’il est un personnage. Ce serait aussi absurde que de supposer que le père Noël puisse prendre conscience de son irréalité !


    L’éveil, c’est le cerveau qui cesse de produire le rêve de l’individualité. Personne ne s’éveille. A un moment, le cerveau cesse d’entretenir la légende de l’individu, et tout simplement ce rêve s’arrête. Le moi, le sentiment d’être quelqu’un, est dissout. Pour un temps, ou définitivement. Que se passe-t-il alors ? L’individu continue d’exister. Tout comme le père Noël, bien que nous ayons découvert vers l’âge de 6 ans qu’il n’est pas réel, continue d’exister dans notre imaginaire.
    Il y a toujours des pensées, des émotions, des sensations. La différence, c’est qu’il n’y a plus le sentiment que ces manifestations nous appartiennent, viennent de nous, sont nous. Tout cela arrive, simplement. La grande différence, c’est qu’il n’y a plus le sentiment d’être « autre » que tout ce qui est. Il n’y a plus de séparation.

    Rien n’arrive à personne. Les choses sont vécues, sans appropriation personnelle, et sans non plus en rendre responsable autrui, ou la vie. Il n'y a qu'accueil de ce qui est là, dans sa totalité, sans jugement, que cela soit agréable ou non pour la perception.

    L’individu ne vit pas dans l’illusion. Le moi n’est pas le personnage d’un rêve. Le moi n’est pas quelqu’un. Le moi est un sentiment, ou plus justement, une façon de percevoir, un mode de perception.


    Il n’y a ni rêve ni éveil, juste un positionnement de conscience qui change.