• Il n'y a rien à faire... ou pas

     

    Cette question revient souvent chez les chercheurs spirituels :

    S’il n’y a pas d’individu aux commandes de l’organisme, si « personne ne fait rien », à quoi cela sert-il de faire des demandes ou des prières, et à quoi bon pratiquer pour s'éveiller ?

    Observons ce qui est à l’origine de cette question.
    Y-a-il quelqu’un qui pose la question ? Y a-t-il une personne qui a compris qu’il n’y a personne et qui se demande si elle doit continuer ou pas à tendre vers un but, un idéal ? Cette phrase, par son absurdité, contient la réponse.
    Evidemment non.
    Personne ne se pose cette question.
    Cette question est une pensée qui apparaît dans la conscience, produite par une croyance, un mécanisme neuronal.
    La croyance que puisqu’il n’y a personne aux commandes, alors il ne faut rien faire car on ne peut rien faire.

    C’est une récupération subtile du mental.

    Remontons un peu plus loin.
    La pensée de faire une demande ou de pratiquer apparaît.
    A sa source, un mouvement d’énergie, une vibration, la saveur de la liberté et de la connaissance qui répand son parfum depuis l’absolu et que l’organisme perçoit.
    La pensée, miroir du système de croyance, la transforme en quête si cette vibration est filtrée par la croyance « je suis un individu séparé ».
    Et s’il s’y rajoute la croyance « il n’y a personne aux commandes de l’organisme », cela donne : « je veux me libérer, ou améliorer ma vie, mais je ne peux rien faire ». Avec pour conséquence un sentiment d'absurdité ou de désespoir.


    Pourtant, il est fréquent qu’une demande soit entendue, qu’une question posée à l’univers reçoive une réponse, qu’une guidance soit offerte au cœur qui prie sincèrement, qu’une pratique permette de franchir des caps ou ouvre des portes.


    Alors qu’en est-il de l’utilité de la demande ou de la pratique ?
    Qui pose la question de cette utilité ? Personne.
    S’il est bien compris qu’il n’y a personne à l’origine de cette question, alors toute demande ou désir de réalisation peuvent être accueillis, s’exprimer librement, et attirer ainsi l’attention vers leur source. La conscience répond à la conscience.
    Cela se fait naturellement dès qu’il n’y a aucune résistance à ce qui se manifeste.
    Il n’y aucun problème avec les demandes ou avec les pratiques, ce ne sont pas des pensées ou des élans volontaires, personnels.
    Il n’y a jamais rien de personnel.
    L’idée de lâcher toute pratique ou demande ne l’est pas davantage.
    Ce sont seulement des mécanismes à l’œuvre.

    A l’origine de tout cela, la croyance « je suis un individu séparé ».
    Du point de vue impersonnel, aucun problème avec cette croyance non plus. Personne n’en est responsable. Il n'y a personne en réalité qui croit à cette notion, à ce concept de séparation. C’est juste un programme qui a été installé dans le système neuronal de l’organisme.

    Il n’y a rien à faire. C’est profondément vrai.
    Mais si cela devient une croyance, cela a pour conséquence un blocage de l’énergie créatrice, et du processus d’éveil.
    Cela n’a pas à être cru. Cela ne peut être qu'une évidence qui découle de la vision impersonnelle. Et dans cette vision, tout ce qui doit se faire se fait sans volonté, et sans résistance à l’action.

    En conséquence, tant que cette évidence n'est pas vécue, inutile de rajouter une souffrance à la quête en se croyant piégé dans un paradoxe. Personne n'est piégé. Il n'y a que des mouvements de vie qui s'expriment, des croyances qui créent des pensées et des états de perception. Respirons, simplement, au coeur de l'apparent paradoxe, et suivons le courant de la vie telle qu'elle s'exprime, sans chercher à comprendre ni à savoir ce qu'il faut faire ou pas...

     

     


  • S'il n'y a pas d'individus...

      

    S'il n'y a pas d'individus, il n'y a pas de sages.
    S'il n'y a pas d'individus, il n'y a pas d 'enseignants.
    S'il n'y a pas d'individus, il n'y a pas de disciples.
    S'il n'y a pas d'individus, il n'y a pas de chercheurs.
    S'il n'y a pas d'individus, il n'y a pas d 'éveillés.
    S'il n'y a pas d'individus, il n'y a pas de rêveurs.

    S'il n'y a pas d'individus, que reste-t-il ?
    Des corps qui interagissent - s'échangent des informations-, des cerveaux qui rêvent.
    Et la Présence silencieuse, témoin de tout cela.

    Les chercheurs, les disciples, les guides, les sages, les éveillés... sont des rêves.

    S'il n'y a pas d'individus, il n'y a personne qui écrit ces mots.
    Pourtant ils sont écrits. Par un organisme.
    Pourtant ils sont lus. Par des organismes.

    N'est-ce pas magnifique ?
    Des capteurs-émetteurs d'informations qui interagissent...Un foisonnement perpétuel d'informations en circulation dans un océan de perception infini... Des rêves qui se croisent et se co-créent en permanence dans ces interactions...
    La vie manifestée est pur échange, communication, interdépendance.


    Il n'y a que cela. Il n'y a que de la rencontre, de la connexion, de l'amour... à l'infini

     

     


  • Bénédiction

     

    Savoir que nous sommes, dans chacun de nos actes, des outils de l'intelligence la plus juste, la plus précise, la plus parfaite qui soit... L'intelligence de la Vie... Ce n'est plus un abandon, ce n'est pas de la dévotion, c'est une Bénédiction ! C'est le plus grand honneur qui soit. Et c'est ce que nous sommes à chaque instant.


    Nous sommes le plus grand honneur qui soit.

     

     


  • Je suis une intention

     

    Je ne suis pas une personne.
    Je suis une intention.

    Les événements ne nous arrivent pas parce que nous les provoquons, nous les provoquons parce qu'ils sont déjà en train d'arriver.
    Quand on s'active en vue d'un résultat, en réalité c'est le résultat qui nous guide et nous en sommes l'outil.
    Nous sommes seulement en train de dire oui au « résultat », qui n'en est pas un car il est une cause et non une conséquence.

     

     


  • L'instant présent

     

    La seule chose qui existe, c'est l'instant présent.
    Le reste n'est que fiction.
    Et qu'est-ce que l'instant présent ?
    C'est moi, là, en train d'écrire ces mots.
    C'est vous là, en train de les lire.
    Pourtant, vous lisez ces mots après que je les ai écrits,
    peut-être même longtemps après, et pas tous en même temps.

    Voilà de multiples espaces-temps différents
    unis par la magie de l'instant présent,
    là où tout est, là où tout coexiste.

     

     

    (publié dans la revue 3ème Millénaire, décembre 2015)

     

     

     


  • L'expérience existentielle

     

    Tout ce que nous vivons et tout ce qui existe dans le monde matériel, n'est que de l'expérience existentielle. La conscience est la matière première de l'univers.

    La conscience est dans tout. Elle est dans les êtres vivants et les objets inanimés, elle est dans les atomes, dans chaque particule de matière. Tout est de la conscience. Mais tout n'est pas conscient d'être de la conscience. Voilà un apparent paradoxe.
    La conscience pure n'est pas consciente d'elle -même. Pour cela, il faut qu'elle s'observe.
    La conscience pure ne s'observe pas elle-même, elle est seulement conscience d'être.
    Pas conscience d'être quelque chose, pas conscience d'être Dieu ou l'univers, pas conscience d'être de la conscience. Juste : conscience d'être.

    Ce qui anime l'atome est la conscience d'être. Ce qui donne forme à la matière, à l'expression de la conscience d'être, ce qui permet l'expérience existentielle, est l'observateur. Il faut un témoin, avec des sens et un système d'interprétation pour créer une expérience.
    Sans observateur, il n'y a qu'un océan infini d'énergie, de frémissement d'être.
    L'univers se crée au fur et à mesure que nous le découvrons.

    « L'éveil » pourrait être cela: la conscience qui prend conscience d'elle-même. La découverte de notre vraie nature ( la pure conscience d'être) engendre un phénomène unique : la conscience d'être se découvre, se conscientise. L'alchimie de la fusion de la conscience pure avec le témoin donne naissance à la reconnaissance de la conscience en tant que conscience. A travers ce « Je suis cela ! », la conscience prend conscience d'elle-même... La boucle est bouclée... L'expérience existentielle est totale.
    D'où bien souvent l'effet extatique qu'engendre le moment où l'on découvre ce que l'on est.
    Et l'on découvre que l'on a toujours su que nous étions cela, de la pure conscience, mais que nous n'en étions pas conscients.
    Nous n'étions pas conscients que nous le savions déjà.
    Encore un paradoxe... Encore un système ingénieux pour créer l'alchimie de la reconnaissance...

    Ce qui est magique, c'est qu'il semble qu'il n'y ait aucun « décideur », aucune intelligence créatrice de l'expérience. Le fait d'être engendre, par lui-même, l'expérience existentielle, car elle est simplement inévitable. Il n'y a pas de volonté derrière. C'est juste une sorte de loi, l'essence de l'Etreté. La pure conscience et l'expérience de la matière sont deux faces d'une même pièce. L'intelligence formidable que l'on observe dans la nature n'est pas issue d'un esprit omniscient qui aurait tout prévu pour que sa création fonctionne. Cette intelligence est une conséquence naturelle du fait d'être, c'est la main de l'amour de la conscience pour l'expérience existentielle, qui engendre tout naturellement la perfection de l'expérience.

    L'éveil de la conscience à elle-même pourrait bien sembler être le but de la manifestation. Mais c'est là encore un phénomène naturel, sans volonté derrière. Le fait d'être s'expérimente lui-même dans sa profondeur infinie. Il ne peut faire autrement, car c'est ce qu'il est.

    Et s'il n'y a pas de limite à cette profondeur, alors il n'y a pas de limite à la réalisation du Soi... Ce ne peut être un état que l'on atteint et qui n'évolue plus. Cela ne peut qu'aller de plus en plus loin dans les subtilités de l'expérience d'être.

     

     

     



  • Le même "je" que tout le monde

     

    Nous sommes composés de multiples « je », de multiples voix intérieures qui s'expriment par le vocable je. Ces voix sont des mouvements d'énergie qui se manifestent spontanément et se font à chaque fois passer pour « moi ».
    Leurs origines sont diverses : les conditionnements psychiques, les instincts, les bactéries, les cellules... Une grande famille plus ou moins unie, formant des grandes chaînes de réactions qui entrent souvent en conflit entre elles...
    Mais aucun de ces « je » n'est notre moi, aucun d'entre eux n'est « notre individu ». On pourrait dire que l'individu est la somme de tous ces je, de tous ces mouvements d'énergie qui se manifestent en nous sous forme de pensées ou de sensations. Il n'y a pas là de centre tangible, agissant et décideur. Le moi change en permanence, ce n'est jamais le même d'un instant à l'autre, même si nous avons l'impression qu'il s'agit d'une individualité permanente, immuable et centralisée.

    Pourtant, cet esprit immuable et permanent existe bien. Quelque chose en nous ne change jamais. En amont de tous les « je» changeants, derrière tous les faux moi , une conscience perçoit ce qui est vécu à chaque instant et accueille tout de manière égale. Et lorsqu'on la découvre, lorsque l'on rencontre notre vrai moi, on découvre que c'est une conscience impersonnelle... que c'est le même « je » que celui de notre voisin !!
    Ironie du sort... A la recherche de moi-même, voilà que j'apprends que je suis le même que tout le monde ! Que je suis le monde !
    Selon le voisin, hum... ça peut être un choc !
    Un choc absolument fantastique, un coup de foudre divin.
    Tous ceux que l'on jugeait, détestait, rejetait, méprisait... on se met à les considérer avec amour...

     

     


  • L'observation

     

    Tu t’assoies en méditation et tu observes tes pensées.
    Tu observes toutes les pensées qui passent, y compris celles qui font le constat des pensées qui passent.

    Puis, tu observes ce qui perçoit ces pensées.
    Tu observes l’observateur.

    Et là, tu t’aperçois qu’il n’y a personne qui observe.
    Stupeur !
    Il n’y a que de l’observation.
    L’observateur, c’est le fait d’observer, c’est l’observation elle-même.

    Tu t’attendais peut-être à trouver Dieu, une entité consciente cachée derrière les voiles du mental… Et tu découvres qu’il n’y a personne.

    Mais il n’y a pas rien.
    Il y a l’intensité de l’Etreté, la Présence, la conscience pure.

     

     


  • Il n’y a pas de monde

     

    Il n’y a pas de monde.

    Le monde que je connais est une possibilité de création.
    Aucun être ne perçoit ni n’interprète le monde exactement de la même manière qu’un autre.
    Nous vivons tous, tous les êtres vivants, dans un monde différent, unique pour chacun.
    Il existe une infinité de mondes, ou plus justement, une infinité de perceptions du monde.
    Comment pourrait-il y avoir un monde objectif ?

    Notre cerveau est un formidable outil de création de "réalités". C'est à dire de possibilités de manifestation d'un même matériau de base, l'énergie-conscience.
    Une même source, un même réservoir d’énergie infinie, à partir de laquelle de multiples formes peuvent émerger selon le filtre d'interprétation sensorielle qui la perçoit, et qu'elle – la conscience - utilise pour percevoir.
    La réalité n’existe pas. Tout, absolument tout est relatif.

    Depuis cette perspective, comment pourrait-il y avoir de jugement ? Aucun monde n’a plus de valeur qu’un autre, aucun n’est mieux qu’un autre. Chaque monde est simplement une variante de l’infini des possibles, et chacun est un miracle.

    Quand la notion de valeur s’écroule, un infini respect pour toute forme de vie et pour toute forme d’expérience la remplace.

     

     


  • La conscience n’est pas voilée

     

    La conscience n’est pas voilée, la connaissance n’est pas cachée, il n’y aucun voile entre nous et elle. C’est ce mythe lui-même qui nous maintient hors de sa portée !


    La conscience est la lumière qui éclaire tous les phénomènes que nous vivons. Rien ne la masque à notre perception. C’est juste que nous ne regardons pas dans sa direction. Nous ne regardons pas la source qui illumine les choses, nous regardons les choses. Comme le dit la tradition hindouiste : « Non pas ce que je vois, mais ce par quoi je vois, ceci est Brahman, l’Eternel, non pas ce que les gens adorent ici. »


    Rien ne nous empêche pourtant de diriger notre regard vers elle. Il n’est nul besoin de longues pratiques spirituelles ou énergétiques pour cela, nul besoin de nous purifier de pensées, d’émotions ou de conditionnements supposés la dissimuler à notre vision. Nul besoin d’augmenter notre taux vibratoire ou de faire monter notre kundalini. Il suffit de tourner le regard à l'intérieur de nous-même, vers ce qui vit l’expérience qui est en train d’être vécue, ce qui la met en lumière, ce qui l’observe et la constate, à chaque instant et quelle que soit cette expérience.


    Tout ce que nous cherchons est là en permanence, à nu, sans protection et sans condition, offert à notre vue.