• Libre d'embrasser toute expérience

     

    Réveillée avant l'aube, le corps tout entier vibrant de joie d'être, un rêve encore tangible s'estompant en fondu enchaîné comme pour laisser son parfum imprégner mes cellules.

     

    J'étais sur une scène de théâtre, jouant un rôle, plongeant dans l'histoire d'un personnage, incarnant sa vie, son caractère, ses émotions. J'y mettais tout mon cœur, je me régalais. L'essentiel de cette jubilation tenait au fait de jouer un personnage très différent de ce que je suis. De ressentir à fond des émotions et des situations dont je ne fais pas l'expérience dans la vie. Là, sur scène, le bonheur de goûter ce qui est différent, voire même ce qui est à l'opposé de ma nature, au point d'en oublier momentanément qui j'étais... Puis je sortais de scène et réalisais ce que je venais de vivre et la jubilation montait d'un cran dans une explosion de liberté. Grâce à la magie du théâtre je m'étais autorisée à incarner un personnage tout à l'inverse de moi, sans limite car sans jugement de valeur ni de considération morale ! Puisque ce n'était pas « pour de vrai », tout était permis ! Quel pied j'avais pris !

    Et puis, cette pensée qui se déroulait, tout naturellement : ainsi en est-il de la vie relative, de l'expérience de la dualité ! Alors qu'elle semble nous limiter, en fait elle permet cette liberté !

     

    Cet évidence me sort doucement du sommeil et ma jubilation monte encore d'un cran tandis que cette idée continue à se dérouler, bercée par le chant lointain des oiseaux annonçant le lever du jour : sur la grande scène de théâtre de la manifestation, tout est possible, tout est permis, y compris ce qui est radicalement opposé à notre nature véritable. Ainsi en est-il du jeu de la Conscience qui se met en scène sous d'apparentes formes séparées pour expérimenter ce qu'elle n'est pas, ce qui est à l'opposé de son essence ! Comme au théâtre c'est de la magie, au sens noble - miraculeux - du terme, et c'est à vivre pleinement et non à dénigrer au motif que c'est une illusion ou que ce n'est « que relatif ». Bien au contraire !

    Reconnaître notre nature véritable et goûter l'Absolu, c'est juste sortir momentanément de scène et se rappeler que cette vie est un jeu. Mais pour mieux remonter sur les planches et replonger dans le rôle avec jubilation, impliqué corps, coeur et âme. Libéré à la fois de l'illusion de la réalité du monde manifesté et à la fois du désir de retourner dans l'Absolu. Affranchi de la dualité entre Absolu et relatif, Réel et illusion... et libre d'embrasser toute expérience.

      

     


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    C'est fou comme depuis l'espace du coeur, tout est savoureux.
     
    Nous vivons généralement avec une perception filtrée par le mental qui ne connaît que trois dimensions : longueur, largeur, hauteur. Il y a pourtant en chacun de nous cette dimension, souvent méconnue : la profondeur. Cette dimension se vit quand l'attention part depuis le coeur. Il y a là une profondeur sans limite, un Royaume infini, celui de l'oeil de l'Amour. Et ce n'est pas une métaphore, c'est très concret, cela s'éprouve dans le corps.
    Depuis là, tout est si beau ! Toute chose apparaît comme enveloppée de douceur, de lumière, de délicatesse, d'intimité... Il y a ce pétillement, cette saveur de délectation... Comme si tout était une friandise pour l'âme...
     
    La beauté, la vraie, n'est pas ailleurs que dans l'oeil du coeur.

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    Jolies surprises en relisant, 22 ans après, l'Art de Rêver de Carlos Castaneda, avec mon regard d'aujourd'hui :

     

    « Lorsque tu fais face à cet inconcevable inconnu, là-bas, dit-il en pointant du doigt tout autour de lui, tu ne perds pas ton temps avec des mensonges minables. Les mensonges minables sont pour ceux qui n'ont jamais eu la moindre idée de ce qui est là-bas, à les attendre.

    - Qu'est-ce qui nous attend là-bas, don Juan ? »

    Sa réponse, une phrase apparemment inoffensive, fut cependant pour moi plus terrifiante que s'il avait décrit les choses les plus horribles.

    « Quelque chose d'absolument impersonnel. »

     

    Je m'étonne et m'amuse – j'avoue – de la réaction de Carlos, et en même temps, cela m'amène une réflexion.

     

    Le terme « impersonnel » est bien mal compris. On y voit quelque chose de froid, détaché, inhumain. Alors peut-être devrait-on plutôt parler de « non personnel » ?

    La conscience impersonnelle est tout sauf froide, c'est l'Amour même ! C'est simplement qu'il n'y a pas le filtre de l'importance personnelle. Pas un élément de l'expérience vécue qui soit plus important qu'un autre. Tout est au même niveau « d'importance » ; et par là-même, tout est aimé également d'un amour absolu, sans préférence, sans comparaison, sans échelle de valeur.

     

    C'est amusant, en un sens, que Carlos soit terrifié par l'idée qu'il se fait de ce qui constitue en réalité la seule véritable sécurité intérieure, la fin de toute peur !

     

    En poussant encore ma réflexion, j'en viens à nouveau au constat de l'effroyable erreur de perspective dans laquelle tombent la plupart des chercheurs spirituels : la croyance qu'il faut dissoudre l'ego pour vivre l'éveil. Qu'il faut lâcher le personnel pour connaître l'impersonnel. Que la « personne » doit disparaître. Croyance qui fait tourner le mental en rond dans son bocal : un « moi » qui tout à la fois aspire à sa dissolution et la redoute, et qui tente plein de stratégies pour disparaître et laisser la place au Soi. C'est non seulement impossible – l'ego n'a pas ce pouvoir - mais cela crée une nouvelle division, une profonde fracture intérieure.  

     

    Plus ça va, plus j'ai du mal à employer le terme d'éveil et même de Réalisation, car ces mots insinuent qu'il y aurait d'un côté l'éveil, la vraie vie, la vérité, la pure conscience et de l'autre le non-éveil, le rêve, l'illusion, l'ego... Ceci est vrai sans doute jusqu'à un certain point mais cela devient rapidement un écueil... et s'avère faux une fois que l'unité de toutes choses est reconnue.

    Tout au plus puis-je parler de connaissance de ma nature profonde et témoigner de son corollaire : le contentement sans condition. Et que cela se vive sur le mode personnel ou sur le mode impersonnel s'avère désormais secondaire.

    Ma fille, ado, disait souvent qu'elle était « désolée pas désolée ». De la même manière, je peux dire que l'existence se déroule à présent en mode « personnel pas personnel » ! Quelle respiration, quelle détente dans cette inconcevable liberté de dire un oui joyeux à l'expérience de la limite, portée par la connaissance de ma nature illimitée !

     

     

     

     


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    Contexte : texte écrit en avril 2020 pendant la pandémie à coronavirus
     
     
    Une petite réflexion au sujet de ce texte mis en images qui circule sur les réseaux et qui rencontre beaucoup de succès : "Petit Corona discute avec Papa".
    J'entends bien qu'il tente de montrer l'aspect positif de cette pandémie et de cette situation de confinement - et l'idée de ne pas faire de ce virus un ennemi est belle-, mais j'avoue être un peu surprise que tant de personnes adhèrent à son contenu moralisateur et culpabilisant.
    Ce texte, comme les religions le font depuis des millénaires, véhicule une fausse notion du divin et entretient l'illusion de la séparation, avec ses corollaires le blâme et le mérite... Il désigne un coupable : l'homme et son égoïsme, et un sauveur : le virus, envoyé par Dieu pour rétablir l'équilibre sur Terre et donner une leçon à l'être humain.
    Il sépare donc le Créateur de sa Création et perpétue cette perspective selon laquelle il y a les humains auteurs de leurs actes indépendamment de l'ensemble (et pécheurs car imparfaits de surcroît) d'un côté, et la nature et la vie (l'ensemble donc) de l'autre. Tant de souffrance découle de cette perspective ! Il suffit de réfléchir deux secondes pour en voir l'absurdité, non ?
    Le créateur et la créature ne sont pas séparés, tout est Un, une seule et même force de vie prenant des formes infinies pour s'auto-expérimenter... L'être humain est tel que la nature l'a fait, sous tous ses aspects... Il en est une de ses multiples expressions, et en cela il est absolument parfait tel qu'il est. Tout ce qu'un individu humain produit comme acte est le fruit d'un ensemble de conditionnements et d'expériences qu'il n'a pas choisi et dont l'origine remonte au Big-bang (voire même avant ;) ).
    Et comme toute autre créature, l'homme est capable d'apprendre qu'en produisant tels actes, cela engendre telles conséquences, et qu'il est possible de faire autrement si ces conséquences sont délétères pour lui ou pour son espèce. Et un petit virus peut être créé dans ce but, pourquoi pas. C'est peut-être même l'intelligence collective humaine elle-même qui l'a créé. Le blâme n'est en aucune manière nécessaire, et ne fait que nourrir encore et toujours la croyance qu'il y a des victimes et des fautifs.
    C'est tellement évident, du point de vue de l'Unité, que rien n'est condamnable dans la manifestation, que tout n'est qu'expérience, expérimentation, danse des phénomènes...
    Quand une colonie de sauterelles dévaste des cultures et engendre la famine de toute une population, on ne juge pas les sauterelles pour leur égoïsme !
    Ainsi la Vie, le Divin, la Conscience universelle, Papa... n'a pas davantage de jugement sur l'homme, créature parmi les créatures, expérience parmi les expériences... Son regard est celui de l'Amour, pas du blâme. 

  •  

    Octobre 2016. 

    Réveillée au milieu de la nuit par une révélation. La prise de conscience est si intense qu'elle me tire du sommeil : Tout est déjà écrit ! L'univers entier est déjà accompli, de toute éternité. Pas de début, pas de fin, toute la manifestation est comme un bloc unique indissociable ET infini. A la fois accomplie et infinie. Impossible pour le mental de modéliser cela. Mais je me sens en état de choc et ne me rendors pas avant l'aube.

    Je parviens à peu près à comprendre que la conscience, d'une certaine manière, semble comme se promener dans sa création, ce qui donne une sensation de temporalité. Nous faisons toutes les expériences possibles, indéfiniment. En cet instant, en tant qu'âme, j'expérimente un être humain et une époque, et quand j'arriverai à la fin de ce film, j'entrerai dans un autre, n'importe où dans l'espace-temps. Ce peut être dans ce qui semble être le futur (une "nouvelle" vie) ou le passé (une vie "antérieure"), ou encore dans l'une de mes dimensions parallèles, mais aussi dans le présent de cette vie depuis un autre point de focus, comme par exemple mon compagnon, mon enfant, mon chat, ou le faucheux qui tisse paisiblement sa toile au-dessus de ma tête... Cette vision me donne le vertige et je me sens comme soufflée par une explosion, plaquée au mur du déterminisme : chaque être, chaque geste, chaque pensée, émotion ou événement, existe déjà, avant même que nous en soyons conscients. Tous les mondes et toutes les dimensions possibles, co-existent. L'âme, l'observateur, est comme un véhicule de la conscience absolue pour créer l'apparence d'un espace-temps et s'auto-expérimenter de manière fragmentaire.

    Le matin, pendant le petit déjeuner, j'expose cette révélation à mon compagnon. Je tente de mettre des mots sur ce qui reste inconcevable pour mon mental et à cette fin je fouille dans ma mémoire pour retrouver une citation de Ramana Maharshi qui parle du déterminisme. A cet instant précis, je reçois un sms d'une amie avec laquelle j'échange autour de la spiritualité de manière ponctuelle depuis quelques années. Cela fait plusieurs mois que nous ne nous sommes pas parlé, et voilà qu'elle m'envoie, sans même y mettre les formes, un texto uniquement constitué précisément de la citation que je suis en train de chercher :

    « Ce qui doit arriver arrivera, quels que soient les efforts que nous fassions pour l'éviter. Ce qui ne doit pas arriver n'arrivera pas, quels que soient les efforts que nous fassions pour que cela se produise. » Ramana Maharshi

    Je reste stupéfaite, le téléphone à la main ! La confirmation est fulgurante !

    Curieusement, passé l'état de choc, un sentiment intense de liberté s'installe. Si tout est déjà accompli, si je ne fais que regarder un film défiler et le vivre en 3D, tout les poids que constituent l'impression d'être auteur des actes se dissolvent, à nouveau... A nouveau s'installe l'évidence que cette impression est à prendre avec une grande légèreté, qu'elle ne sert qu'à donner au jeu, au voyage apparent de la conscience dans sa création, une consistance, une semblance de réalité. Mais quand cette manœuvre se démasque d'elle-même, il ne reste plus qu'à se laisser être vécu par la vie, tout en continuant à en jouer le jeu, assis confortablement dans le fauteuil de l'êtreté.

     

     


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    Personne n'a jamais aimé Suyin.

    Et Suyin n'a jamais aimé personne.

    Bien sûr en apparence j'aime et je suis aimée par mes proches et mes amis.

    Mais en réalité nous ne nous aimons pas les uns les autres, nous aimons l'amour que nous ressentons les uns pour les autres.

    Si une personne me dit qu'elle m'aime, en réalité elle me dit qu'elle aime l'amour qu'elle ressent à mon contact.

    Si je dis à une personne que je l'aime, en réalité je lui dis que j'aime l'amour que je ressens à son contact.

     

    En vérité, c'est l'amour que nous aimons.

    Nous sommes amoureux de l'amour, accros à l'amour, nostalgiques de l'amour.

    Nous ne cherchons qu'à ressentir l'amour, à éprouver sa densité et tous ses effets secondaires, qu'il émane de l'autre vers soi, de soi vers l'autre ou de soi vers soi. 

    Quête de reconnaissance, quête amoureuse ou quête spirituelle : même recherche.

    Nous n'aimons que l'amour, et c'est tout à fait normal puisque c'est la seule chose qui soit « vraiment vraie pour de vrai » dans ce monde. Et notre cœur le sait. 

    C'est ce que nous sommes au plus profond de nous, c'est l'essence de la vie... La vie s'aime elle-même, constamment et inconditionnellement. C'est pourquoi dès que nous nous sentons coupés de l'amour, nous souffrons, nous ne nous sentons plus vivants et nous errons à sa recherche comme des âmes en peine. 

    Nous sommes assoiffés d'amour, car c'est notre seule véritable source d'énergie. Elle est au cœur de chacun de nos atomes et nous pouvons la contacter à tout instant. Soit en nous intériorisant et en revenant au sentiment d'être, au Soi. Soit en pensant à un être que nous aimons et en laissant ce sentiment nous remplir. Soit en ressentant pleinement notre désir d'amour, en en faisant l'expérience sensorielle et en le laissant nous ramener à ce vers quoi il pointe et qui se tient là, juste derrière.  

     

    Etre conscient de cela permet d'avoir une profonde gratitude envers les êtres avec lesquels nous tissons des liens intimes, mais sans se méprendre sur ce dont il est réellement question entre nous.

    La relation est un amplificateur de l'amour, un magnifique miroir grossissant, mais elle n'est pas la cause, ni la condition, de l'amour.

    Si nous sommes bien conscients que la seule chose qui nous intéresse vraiment et qui est le pilier de notre existence, c'est l'amour, nous ne sommes plus dépendants d'une personne en particulier, ni d'une quête, car l'amour est partout et s'invite à s'éprouver d'innombrables façons, à commencer par la plus simple : la joie d'être vivant.

    Ce qui n'empêche pas d'être gourmand et de savourer et célébrer les multiples et subtiles couleurs de l'amour qui s'expriment à travers l'unicité de chaque relation, avec soi-même comme avec autrui, dans le jeu divin de la dualité.

    Je soupçonne l'amour d'être gourmand de lui-même...

     


  • L’observation, l’observateur et l’observé   

    Extrait de "La Joie d'être"

     

     

    La conscience est de l’énergie intelligente et créatrice. Elle est conscience/énergie. Onde et particule. Perception pure et mouvement.

    Elle est mouvement et perception du mouvement.

    Manifestation et perception de la manifestation.

    Perception et perception de la perception.

     

    Pour s’expérimenter dans son êtreté, la conscience se condense, se densifie. Comme si elle se repliait sur elle-même. Jusqu’à ce qu’apparaisse le mouvement.

    C’est comme si dans un océan en trois dimensions, sans limites et parfaitement calme mais vibrant d’êtreté, se produisaient de multiples vaguelettes. A l’infini. Le fait d’être se condense, et en se « sentant » être par le mouvement, la conscience passe de l’état de vacuité à l’état de « Je suis ». Elle n’est pas définie, elle n’est pas quelque chose. Mais la conscience d’elle-même apparaît.

    Comme elle est onde et particule, ce « Je suis » prend une forme matérielle. Le monde manifesté est créé. C’est ce que les scientifiques appellent le big-bang. Pour que du sans-forme naissent des formes, il faut que quelqu’un ou quelque chose les perçoive. Il faut un observateur. C’est le rôle du « Je suis ».

    C’est la première division de la conscience. Elle devient à la fois observation et observateur.

    Dans la nature, les pierres ne sont pas conscientes d’être des pierres, les plantes d’être des plantes, les animaux d’être des animaux. La conscience à travers la nature se goûte en tant que forme et sensation, pas en tant qu’individu défini.

    Alors elle se densifie encore, créant une nouvelle division, et apparaît l’humain. A travers lui, elle s’expérimente en tant qu’identité, personne.

    Le bien et le mal existent seulement à ce niveau, et sont une résultante de l’illusion de la séparation.

     

    Bien entendu, comme il n’y a pas de temps, tout ceci se produit simultanément. Nous sommes à la fois la conscience impersonnelle, la conscience divine et l’individu. L’observation, l’observateur et l’observé. L’ultime réalité englobe tout cela.

    La conscience impersonnelle est la source de ce qui est dans le sens où elle est l’unique vérité, la vérité universelle, que nul ne peut contester, qui est vierge de toute représentation, de toute croyance : il y a quelque chose qui existe. Le fait d’être, le fait « qu’il y a quelque chose » est la seule certitude unanime et absolue.

    [...]

    La première densification de conscience crée le Soi, le « Je Suis », l’observateur. Il créé son double matériel et peut ainsi se voir dans le miroir de la perception. A travers l’homme, cette alchimie crée la Sainte Trinité, l’expérience existentielle.

     

    L’humain, l’être qui se prend pour un individu et conscientise le monde par la pensée, ne peut pas ne pas exister. L’univers est rempli d’humains. Il est à la fois la condensation de conscience la plus forte, donc la plus éloignée de sa source, et le moyen le plus abouti de la conscience pour se goûter dans son êtreté. Il est celui qui pose la question de l’Etre, qui en fait le constat.

     

    J’ai le sentiment d’avoir remis Dieu à sa place, et j’en ressens un grand soulagement. J’ai découvert Dieu il y a treize ans. J’étais athée auparavant, par mon éducation. L’athéisme, qui me semblait être la triste vérité, me rendait profondément dépressive. Je n’avais aucune joie à parcourir une vie dénuée de sens. Quand j’ai eu la révélation que l’univers était une entité consciente et bienveillante, je me suis identifiée à lui, au Père-Mère créateur, comme à un personnage. J’ai vu que j’étais lui et j’ai cru que c’était ma nature ultime.

     

    Depuis lors, quand je priais Dieu, je lui parlais comme à un être. Non comme à un potentiel. Je croyais parler directement à la source de la conscience. Je me trompais. Je m’adressais à un intermédiaire. Je m’adressais à la dimension « Je suis » de l’univers. A l’observateur, à qui je prêtais une intention, une volonté. Et non à l’océan d’énergie originel au niveau duquel il n’y a pas de « Je », donc aucune volonté particulière, aucun plan, et où tout est possible. Et qui est le véritable Dieu.

     

     


  •  

     

    N'essayez pas de vous éveiller,

    n'essayez pas de lâcher prise

    n'essayez pas d'accueillir ce qui est tel que c'est

    n'essayez pas d'être Présent

    n'essayez pas d'ouvrir votre cœur

     

    C'est un piège, qui ne fait que créer un faux Soi,

    un éveil construit par le mental

     

    Mais cela ne veut pas dire qu'il ne faut rien faire.

    Il y a une seule chose à faire :

    Trouver ce qui est déjà éveillé, ce qui est déjà Présent à ce qui est, accueille déjà tout et aime sans condition d'un amour sans limite.

     

    Où trouver cela?

    En remontant à la source de l'attention, en regardant dans la direction de ce qui regarde.

    La Réalisation n'est pas le résultat de la transformation d'une personne, c'est juste un changement de perspective.

     

    « Regarde ce grâce à quoi tu regardes.

    Si tu vois cela,

    tu vois tout »

    (Istopadesha, l'instruction essentielle - advaïta)

     

     


  • L'ego est un mécanisme, pas une entité

     

    La dissolution de l'identification à une entité aux commandes de sa vie met fin à toute quête, à tout mouvement de fuite vers l'avant, et au désir compulsif de contrôler les situations. Bien sûr, le conditionnement ne disparaît pas pour autant, et des réactions de défense ou de tentative de diriger les choses continuent de se produire. Mais elles ne se cristallisent pas. Elles sont très rapidement conscientisées et regardées avec amusement ou tendresse.

    Les multiples aspects du psychisme ont une volonté propre et s'opposent souvent les uns aux autres, formant un système qui est sans cesse en quête d'équilibre. Ces aspects, tour à tour, se font passer pour le « moi », pour le centre de l'organisme corps-mental, afin de tirer à eux la couverture. Un combat se livre en permanence en nous entre diverses instances pour gagner la première place, et ce sont des énergies si puissantes qu'elles attrapent la conscience dans leurs filets. C'est ainsi que le simple sentiment d'être devient ce que l'on appelle « l'ego » et se pare d'attributs, de désirs et de besoins, alors qu'en soi il est la plénitude même. Le pur « Je suis » n'a besoin de rien, il est plein de lui-même. Paradoxalement, plus on lui ajoute quelque chose, plus cela crée un sentiment de manque.

    Mais l'ego est un mécanisme, ce n'est pas une entité qui serait au centre du psychisme. Une telle entité n'existe que dans notre imagination. L'individu est un système, un ensemble de parties, une somme de conditionnements. Une fois que ce mécanisme a été vu et compris, il ne peut plus y avoir de lutte contre lui. On ne combat pas un ordinateur. On supprime certains programmes ou bien on effectue des mises à jours, mais on n'essaie pas de le soumettre, de lui faire lâcher prise, de lui faire réaliser qu'il n'est qu'un ordinateur et qu'il n'a pas de pouvoir personnel. Cela n'aurait aucun sens. Il en va de même pour l'ego, le « moi ». Quand sa nature est profondément reconnue comme illusoire, tout combat contre lui s'arrête. Il ne reste que la Vue. Voir est la fonction de la Conscience. Et la Conscience est pur accueil de ce qui est, sans jugement et sans préférence, car sans concept.

    Les aspects du psychisme peuvent toujours entrer en action pour tenter de gagner la première place, mais cela ne fonctionne plus. C'est comme un mouvement qui s'élève et qui retombe, penaud. Car il repose sur la croyance en l'existence d'un centre de pilotage, et cette croyance, depuis la Vue, s'effondre. Alors ces instances intérieures sont invitées, avec beaucoup de compassion et de gratitude pour leurs tentatives de prendre soin de l'organisme ou de le protéger, à s'en remettre en confiance à l'Intelligence et à l'Amour infinis de la Vie qui sait parfaitement répondre aux besoins du corps-mental. Dans cette perspective, il est reconnu que c'est en réalité au sein de cette Présence aimante qui Voit, de ce « Je suis » rempli de lui-même, de cette plénitude intrinsèque et sans condition de l'Etre, que se trouvent la satisfaction et la sécurité recherchées par l'ego.

     

     


  •  

    Etre comblé sans condition : le véritable secret de la loi d'attraction

     

    L'être humain est en quête de bonheur, qu'il associe à la satisfaction de ses besoins (besoins affectifs et matériels, besoin de reconnaissance ou de réussite sociale, etc). Projeter la satisfaction à l'extérieur de lui-même le met dans un rapport d'attentes et de demandes envers la vie et envers autrui ainsi que dans une tension perpétuelle pour tenter de contrôler, de maintenir, de manipuler, de gérer son environnement. Mais cela ne fonctionne que très moyennement car l'obtention de ses désirs dépend de circonstances qu'il ne peut pas maîtriser : tout est impermanent dans le monde et rien n'est jamais acquis de manière définitive. De plus, quand un besoin ou un désir est comblé, il goûte un apaisement qui n'est que passager car il ne tarde pas à vouloir à nouveau autre chose. C'est sans fin, car ce qu'il cherche n'est pas dans le monde, mais il ne le sait pas. Il se trouve ainsi dans une situation de dépendance et d'insatisfaction récurrente, d'alternance de plaisir et de souffrance, de bonheur et de malheur.

    Il nous est impossible de trouver véritablement le bonheur et la plénitude tant que nous les faisons reposer sur des circonstances. La seule issue pour sortir de ce schéma névrotique auquel notre éducation nous a conditionnés est un changement radical de paradigme : cesser de chercher la satisfaction dans les objets du monde et se tourner vers notre essence, l'Etre, dont la nature est plénitude sans condition et qui, elle, est disponible en permanence.

    Ce retournement vers notre véritable nature, ce retour au bien-être naturel que nous sommes fondamentalement, a pour effet de nous rendre autonomes et de nous faire changer de fréquence. S'abreuver à la source de l'Etre comble tous les désirs. Nous cessons alors de vivre dans un rapport de besoin avec le monde. Nous n'essayons plus de contrôler ou de manipuler les situations pour qu'elles soient à notre avantage. Et nous goûtons une paix profonde dans l'accueil de ce qui est.

    Alors, bien que cela soit désormais de seconde importance, la loi de résonance fait que les circonstances de la vie deviennent fluides et favorables. Car le monde, en réalité, n'est pas extérieur à nous : le monde dans lequel nous croyons vivre est le miroir de notre esprit.

    Voilà le véritable secret de la loi d'attraction : lâcher prise et plénitude sans condition égalent fluidité et abondance sans effort dans la manifestation.

    Bien sûr, savoir être comblé sans condition demande un apprentissage, car cela implique une inversion complète de nos habitudes de fonctionnement. Il faut souvent arriver à saturation du schéma plaisir/souffrance pour comprendre que c'est une voie sans issue et commencer à changer de perspective. C'est souvent à bout de souffle, à bout de lutte, quand nous nous trouvons face à un mur infranchissable et que nous n'avons plus d'autre choix que celui de nous arrêter et de nous retourner, que le trésor intérieur se révèle.

     

     






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