• L'ego est un mécanisme, pas une entité

     

    La dissolution de l'identification à une entité aux commandes de sa vie met fin à toute quête, à tout mouvement de fuite vers l'avant, et au désir compulsif de contrôler les situations. Bien sûr, le conditionnement ne disparaît pas pour autant, et des réactions de défense ou de tentative de diriger les choses continuent de se produire. Mais elles ne se cristallisent pas. Elles sont très rapidement conscientisées et regardées avec amusement ou tendresse.

    Les multiples aspects du psychisme ont une volonté propre et s'opposent souvent les uns aux autres, formant un système qui est sans cesse en quête d'équilibre. Ces aspects, tour à tour, se font passer pour le « moi », pour le centre de l'organisme corps-mental, afin de tirer à eux la couverture. Un combat se livre en permanence en nous entre diverses instances pour gagner la première place, et ce sont des énergies si puissantes qu'elles attrapent la conscience dans leurs filets. C'est ainsi que le simple sentiment d'être devient ce que l'on appelle « l'ego » et se pare d'attributs, de désirs et de besoins, alors qu'en soi il est la plénitude même. Le pur « Je suis » n'a besoin de rien, il est plein de lui-même. Paradoxalement, plus on lui ajoute quelque chose, plus cela crée un sentiment de manque.

    Mais l'ego est un mécanisme, ce n'est pas une entité qui serait au centre du psychisme. Une telle entité n'existe que dans notre imagination. L'individu est un système, un ensemble de parties, une somme de conditionnements. Une fois que ce mécanisme a été vu et compris, il ne peut plus y avoir de lutte contre lui. On ne combat pas un ordinateur. On supprime certains programmes ou bien on effectue des mises à jours, mais on n'essaie pas de le soumettre, de lui faire lâcher prise, de lui faire réaliser qu'il n'est qu'un ordinateur et qu'il n'a pas de pouvoir personnel. Cela n'aurait aucun sens. Il en va de même pour l'ego, le « moi ». Quand sa nature est profondément reconnue comme illusoire, tout combat contre lui s'arrête. Il ne reste que la Vue. Voir est la fonction de la Conscience. Et la Conscience est pur accueil de ce qui est, sans jugement et sans préférence, car sans concept.

    Les aspects du psychisme peuvent toujours entrer en action pour tenter de gagner la première place, mais cela ne fonctionne plus. C'est comme un mouvement qui s'élève et qui retombe, penaud. Car il repose sur la croyance en l'existence d'un centre de pilotage, et cette croyance, depuis la Vue, s'effondre. Alors ces instances intérieures sont invitées, avec beaucoup de compassion et de gratitude pour leurs tentatives de prendre soin de l'organisme ou de le protéger, à s'en remettre en confiance à l'Intelligence et à l'Amour infinis de la Vie qui sait parfaitement répondre aux besoins du corps-mental. Dans cette perspective, il est reconnu que c'est en réalité au sein de cette Présence aimante qui Voit, de ce « Je suis » rempli de lui-même, de cette plénitude intrinsèque et sans condition de l'Etre, que se trouvent la satisfaction et la sécurité recherchées par l'ego.

     

     


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    Etre comblé sans condition : le véritable secret de la loi d'attraction

     

    L'être humain est en quête de bonheur, qu'il associe à la satisfaction de ses besoins (besoins affectifs et matériels, besoin de reconnaissance ou de réussite sociale, etc). Projeter la satisfaction à l'extérieur de lui-même le met dans un rapport d'attentes et de demandes envers la vie et envers autrui ainsi que dans une tension perpétuelle pour tenter de contrôler, de maintenir, de manipuler, de gérer son environnement. Mais cela ne fonctionne que très moyennement car l'obtention de ses désirs dépend de circonstances qu'il ne peut pas maîtriser : tout est impermanent dans le monde et rien n'est jamais acquis de manière définitive. De plus, quand un besoin ou un désir est comblé, il goûte un apaisement qui n'est que passager car il ne tarde pas à vouloir à nouveau autre chose. C'est sans fin, car ce qu'il cherche n'est pas dans le monde, mais il ne le sait pas. Il se trouve ainsi dans une situation de dépendance et d'insatisfaction récurrente, d'alternance de plaisir et de souffrance, de bonheur et de malheur.

    Il nous est impossible de trouver véritablement le bonheur et la plénitude tant que nous les faisons reposer sur des circonstances. La seule issue pour sortir de ce schéma névrotique auquel notre éducation nous a conditionnés est un changement radical de paradigme : cesser de chercher la satisfaction dans les objets du monde et se tourner vers notre essence, l'Etre, dont la nature est plénitude sans condition et qui, elle, est disponible en permanence.

    Ce retournement vers notre véritable nature, ce retour au bien-être naturel que nous sommes fondamentalement, a pour effet de nous rendre autonomes et de nous faire changer de fréquence. S'abreuver à la source de l'Etre comble tous les désirs. Nous cessons alors de vivre dans un rapport de besoin avec le monde. Nous n'essayons plus de contrôler ou de manipuler les situations pour qu'elles soient à notre avantage. Et nous goûtons une paix profonde dans l'accueil de ce qui est.

    Alors, bien que cela soit désormais de seconde importance, la loi de résonance fait que les circonstances de la vie deviennent fluides et favorables. Car le monde, en réalité, n'est pas extérieur à nous : le monde dans lequel nous croyons vivre est le miroir de notre esprit.

    Voilà le véritable secret de la loi d'attraction : lâcher prise et plénitude sans condition égalent fluidité et abondance sans effort dans la manifestation.

    Bien sûr, savoir être comblé sans condition demande un apprentissage, car cela implique une inversion complète de nos habitudes de fonctionnement. Il faut souvent arriver à saturation du schéma plaisir/souffrance pour comprendre que c'est une voie sans issue et commencer à changer de perspective. C'est souvent à bout de souffle, à bout de lutte, quand nous nous trouvons face à un mur infranchissable et que nous n'avons plus d'autre choix que celui de nous arrêter et de nous retourner, que le trésor intérieur se révèle.

     

     


  • Le piège de la recherche

     

    Extrait du livre Témoignages contemporains sur l'éveil, collectif d'auteurs, éditions Espace de l'Etre

     

    " C'était fin février, alors que je faisais un bilan de ces 13 années depuis l'illumination, et que je constatais qu'au fond, rien n'avait vraiment bougé. Même si ma vie était beaucoup plus agréable et confortable qu'avant, j'étais toujours prise dans le piège de l'identification. Ma joie dépendait toujours des circonstances extérieures, des situations, des relations... Je ne vivais toujours pas mon état naturel et je n'étais toujours pas établie dans la véritable sécurité intérieure, celle que rien ne peut ébranler. Ma conscience était encore prisonnière du piège de la dualité, et j'en éprouvais un grand découragement et une lassitude profonde. Je n'en pouvais plus de lutter contre l'ego et le mental. J'atteignais un état critique et je ressentais l'envie de tout arrêter, de quitter ce monde pour retourner au Grand Tout. Mais au fond je ne voulais pas mourir, c'était tout l'inverse : je voulais être libre de l'illusion qui me coupait de la vraie vie.

    Pour la première fois peut-être, je ne cherchai pas à fuir ce sentiment et je pris conscience de ma complète impuissante : je n'avais aucun pouvoir, aucun moyen de me libérer. Je réalisai que je ne décidai absolument rien de ce qui me traversait : ni les pensées, ni les émotions, ni les humeurs, ni les états. Les états de plénitude se produisaient et disparaissaient à leur bon gré, quoique je fasse ou ne fasse pas... Devant cette évidence, je m'effondrai. La volonté personnelle capitula, le contrôle lâcha, et... le « je » s'effondra.

    Instantanément il fut réalisé que ce « je » supposé avoir un contrôle ou ne pas en avoir, et surtout supposé s'éveiller, n'existait tout simplement pas. C'était un personnage imaginaire. Il n'y avait personne aux commandes de sa vie, au centre de l'organisme. Et il n'y en avait jamais eu. Il n'y avait donc personne qui aurait pu s'éveiller ou se libérer. Il n'y avait que des mécanismes conditionnés qui généraient des pensées et des émotions donnant l'impression d'un personnage central. La seule chose qui était réelle, c'était le fait d'être. Et il n'y avait là rien de personnel. Seulement un flux, une omni-Présence consciente, un vide infini rempli d'êtreté au sein duquel les phénomènes apparaissaient et disparaissaient...

    Je compris que depuis 13 ans, j'étais tombée dans le piège du chercheur et de la saisie sur l'éveil. Je me vivais comme si j'étais un individu (l'ego) qui s'était éveillé et qui cherchait à retrouver cet éveil en s'abandonnant, en se dissolvant. Mais aucun individu ne s'était jamais éveillé ! Comment un personnage qui n'existe pas pourrait-il disparaître ? C'est la croyance que l'on est ce personnage qui se dissout, et non le personnage lui-même. Nous n'avons pas besoin de tuer le Père Noël pour cesser d'y croire - et c'est d'ailleurs impossible - mais simplement de réaliser qu'il n'existe pas.

    Ce que j'avais tant cherché pendant ces années avait toujours été là. Je n'avais jamais été séparée de ma véritable nature ! Il n'y avait pas à opposer l'ego et la Conscience. L'ego, le moi, c'est la Conscience qui se prend temporairement pour une entité distincte et s'absorbe dans le rêve de la dualité. Je compris que c'était la recherche elle-même qui m'avait empêchée de réaliser ma nature véritable car je vivais dans l'attente d'un état à atteindre, au lieu de simplement mettre mon attention sur ce qui pré-existe à tout état et qui est déjà là, disponible en permanence. "

     

    Lire tout le texte et télécharger l'ouvrage gratuitement :

    http://espace-etre.org/livre-temoignages-eveil/

     

     

     


  • L'unique réalité

     

    Si nous voulons connaître la vérité, savoir qui nous sommes vraiment, il nous faut trouver ce qui est au-delà de toute représentation, de tout concept, et dont on ne peut absolument pas douter.

    Quelle est la seule chose dont nous soyons certains, qui est au-delà des descriptions que l'on nous a faites à propos de nous-mêmes et du monde, qui n'est pas un état ni une expérience, qui est inaltérable, que l'on ne peut pas perdre, que l'on ne peut ni nous donner ni nous prendre, et qui est commune à tous?

    C'est le fait d'être.

    Le fait d'être est la seule réalité, la seule vérité sur laquelle nous puissions asseoir notre sécurité intérieure.

    Tous les phénomènes vont et viennent, toutes les expériences ont un début et une fin (y compris les expériences d'éveil). Rien de tout cela ne peut nous apporter la satisfaction véritable car nous ne pouvons nous appuyer sur aucun état, aucune vision, aucune expérience dès l'instant que ceux-ci ne sont pas permanents.

    La seule chose sur laquelle nous pouvons fonder notre sécurité et notre foi est ce qui est permanent et universel : être.

    Non pas être quelqu'un avec une identité, ni être éveillé, mais juste être.

    En restant avec cela, avec le fait d'être, en oubliant tout le reste et en laissant notre attention se reposer uniquement en cela, nous faisons le constat que le fait d'être est conscience. Le fait d'être se connait lui-même et se reconnait.

    Etre, c'est être conscience.

    Voilà l'unique réalité.

     


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    L'ultime destination c'est Maintenant

     

    L'état d'esprit de la plupart des êtres humains, dans la vie quotidienne, est de tendre vers le futur, vers un futur meilleur. La conscience ordinaire, qui vit dans le temps psychologique, est comme un projectile dirigé vers une cible, vers un but. Cet objectif est d'être heureux, pleinement satisfait.

    « ça ira mieux plus tard » : quand j'aurai la compagne ou le compagnon idéal, quand j'aurai plus d'argent, une meilleure santé, plus de temps pour moi, un métier plus valorisant, la reconnaissance sociale, ou bien quand les enfants seront grands, ou quand j'aurai concrétisé tel ou tel rêve, ou encore quand je me réaliserai spirituellement... Quand j'aurai accompli certaines choses, ou quand je serai éveillé, je serai enfin heureux(se)...

    Ainsi, chaque instant est vécu dans l'attente de cet accomplissement, dans la tension vers cette destination ultime qui couronnerait le parcours de notre existence. Se projeter vers cette ligne d'arrivée est ce qui donne sens à notre vie et à nos actions.

    Mais nous n'atteindrons jamais cette ligne, cette destination. Nous pouvons constater que c'est un leurre, car dès qu'un but est accompli, après un temps de satisfaction, un nouveau se profile. Nous voulons toujours plus, toujours mieux. Et ce « mieux », nous le projetons dans le futur.

    La seule ligne d'arrivée que nous atteindrons, c'est la mort, la fin de l'histoire. Et si nous ne stoppons pas cette course perpétuelle vers l'avant, nous mourrons sans avoir connu la véritable satisfaction, sans avoir découvert le but ultime de notre existence.

     

    Notre seule et ultime destination, c'est Maintenant.

    Il n'y en a pas d'autre, et il n'y en aura jamais d'autre.

    Le goût, la saveur de Maintenant, amène au cœur de l'Etre, de l'expérience existentielle.

    Le goût de Maintenant est une plénitude qui ouvre le cœur et dissout le sentiment de séparation. C'est une grâce qui comble toute attente, et qui n'est pas dépendante des circonstances.

     

    Il n'y aura jamais de futur meilleur, car tant que nous ne goûtons pas la saveur de Maintenant, même si les circonstances de notre vie deviennent plus agréables, même si nous réalisons nos rêves les plus beaux, nous continuons à nous sentir insatisfaits et à tendre vers un futur meilleur.

    Il n'y a bien sûr rien de mal à chercher à améliorer les circonstances de la vie ni à oeuvrer pour réaliser nos rêves, mais dès que notre conscience épouse l'instant présent, les circonstances deviennent secondaires car nous goûtons une indicible profondeur d'être et nous touchons ce bonheur que nous recherchons.

     

    Lorsque nous réalisons que notre objectif (être pleinement satisfait) revient finalement à jouir d'un état d'être dans lequel il n'y a plus d'attente, donc plus d'objectif, nous comprenons que nous n'arriverons jamais nulle part car nous arpentons un chemin sans destination, et que toute tension vers le futur nous éloigne en fait radicalement de notre but.

    Nous pouvons alors stopper la course insensée du temps psychologique pour nous aligner sur le Présent et découvrir qu'il est non seulement notre seul objectif, mais qu'il nous est offert en permanence.

     

    (extrait de La Grande Paix du coeur)

     

     

     

     

     

     


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    Le voyage de l'immobilité

     

    Voici un rêve très riche de sens :

     

    Je suis chez moi avec une amie, dans le salon. Il se met à pleuvoir très fort, et je regarde par la fenêtre. Je vois alors que le paysage se met à bouger, comme s'il venait vers moi, me donnant l'impression que je suis en mouvement, comme lorsque nous sommes assis dans un train en gare et qu'un autre train démarre à côté de nous  (nous avons alors l'impression de bouger et nous pouvons croire que notre train démarre, alors que nous sommes immobiles).

    Je fais remarquer ce phénomène à mon amie, qui vient regarder par la fenêtre avec moi. Elle se place un peu devant moi, afin de bien voir le paysage. Je lui dis que c'est l'occasion de s'amuser à faire un petit voyage tout en restant sur place, et je lui propose de laisser sa vision s'absorber dans le mouvement et de faire comme si nous étions dans un véhicule. Je l'entoure de mes bras avec tendresse et lui dis : « c'est parti ! »

    Le paysage défile devant nous, d'abord la route, entourée de montagnes et bordée d'arbres agités par une bonne pluie rafraîchissante. C'est très agréable. Je vois une rivière sur notre gauche, je dis à mon amie : « ce serait chouette si le mouvement nous entraînait au-dessus de la rivière, on pourrait alors avoir l'impression d'être sur un bateau. » Et cela se produit, nous voilà au-dessus de la rivière, comme si nous étions en train de la traverser sur un bac. Puis à nouveau la route, puis encore la rivière, et la route... C'est si chouette que nous sommes complètement dans le paysage. Je ressens une grande joie à faire ce petit voyage, je m'amuse comme une gamine.

    Cependant, au bout d'un moment, mon amie se retourne vers moi et me dit d'un ton dépité : « ce n'est pas si drôle ton jeu, j'ai les pieds trempés à force de passer sur la rivière, et maintenant je ne sais plus où nous sommes. Comment allons-nous faire pour rentrer à la maison, nous sommes perdues ! »

    Je lui réponds alors : « mais non, regarde, nous sommes toujours chez moi, dans le salon, nous n'avons pas bougé. »

    Elle s'en rend compte, réalise qu'elle a les pieds parfaitement secs, et se met à rire !

    Nous rions ensemble mais du coup cela met fin au jeu, le voyage s'arrête et nous sommes à nouveau dans mon salon, toutes joyeuses de l'aventure que nous venons de vivre.

     

    Ce rêve est une belle métaphore de la Conscience qui demeure en permanence dans l'immobilité sans jamais quitter sa source, tandis que les phénomènes sont en mouvement perpétuel.

    Si l'on n'a pas reconnu la qualité immobile et immuable de la Présence consciente que nous sommes, nous avons l'impression que nous sommes en mouvement alors qu'en réalité c'est seulement ce qui apparaît à notre perception qui bouge. L'attention se laisse absorber par l'illusion sensorielle et s'y perd.

    Mais ayant reconnu sa nature, la Présence consciente parfaitement immobile en elle-même peut s'amuser dans la manifestation et vivre pleinement et joyeusement l'expérience sensorielle en se prenant au jeu d'un apparent mouvement mais sans s'y perdre, car elle ne se fait plus absorber et a toujours la capacité de ramener l'attention vers sa source.

     

     

     

     

     

     

     

     

     


  •  

    Le flocon et l'eau - parabole de la forme et du sans-forme

     

     

    L'analogie avec le flocon de neige permet de bien clarifier les notions de personnel et d'impersonnel, d'individuel et d'universel, de relatif et d'absolu, de forme et de sans-forme.

     

    Un flocon de neige est composé d'eau. Sa nature, son essence, est l'eau. L'eau, en soi, n'a pas de forme particulière, mais elle peut connaître divers états (solide, liquide, gazeuse), et prendre diverses formes (nuages, buée, givre, pluie, neige, glace, lacs ou mer, rivières...). Quelle que soit la forme qu'elle prend, c'est toujours de l'eau. La forme peut se modifier, mais cela ne modifie pas sa nature.

    Un flocon de neige est une configuration géométrique de l'eau basée sur l'étoile à 6 branches, et chaque flocon est unique. Il semble qu'il n'en existe pas deux identiques. Cette forme unique et singulière a une durée de vie limitée dans le temps. Le flocon finira par fondre et sa forme disparaîtra. Mais sa nature, l'eau, ne disparaîtra pas. Elle prendra une autre forme. Elle se mêlera à d'autres flocons fondus pour former une flaque, ou bien elle s'évaporera et constituera un nouveau nuage, d'où naîtront peut-être de nouveaux flocons uniques et singuliers.

    Nous voyons bien que la forme (l'étoile à six branches) et le sans-forme (l'élément eau), sont une seule et même chose, que l'on nomme flocon de neige. Cependant, nous voyons bien aussi que la forme est unique et temporaire, tandis que le sans-forme qui la compose est universel et intemporel, ne changeant jamais de nature, bien que changeant sans cesse de formes.

    Sommes-nous la forme (l'organisme corps-mental unique et singulier), ou le sans-forme qui le compose (l'énergie de vie universelle) ? L'apparence et l'essence ne sont pas séparées, mais si nous sommes identifiés à l'apparence, nous nous trompons sur notre véritable nature. Nous nous croyons singuliers et temporaires (et on appelle cela un individu). L'expérience que nous vivons en tant que forme individuelle est unique et temporaire, mais ce que nous sommes, l'Absolu ou la Conscience impersonnelle, n'est pas limité à cela, et tout comme l'eau, se transforme indéfiniment, passant d'individus en individus, d'expériences en expériences, d'états en états... Sans jamais que sa nature, elle, ne soit modifiée.

     

    (extrait de La grande paix du coeur)



     


  • Au-delà

     

    C’est au-delà du désir et du non-désir

    C’est au-delà du vouloir et du non-vouloir

    C’est au-delà du choix ou du non-choix

    C’est au-delà du faire ou du ne pas faire

    C’est au-delà du moi et du non-moi

    C’est au-delà de l’éveil et du non-éveil

    C’est au-delà

    Et ça contient tout cela
    comme des imaginations, des créations

    C’est au-delà

    Et c’est le Réel

     

    (extrait du recueil L'étreinte de l'éphémère)

     

     

     


  • La vie se vit d'elle-même

     

    Nous ne soupçonnons pas le poids que pèse l’idée d’avoir une vie à vivre.
    Nous ne pouvons en prendre la mesure que dans le sentiment de légèreté et de liberté qui survient lorsque cette croyance disparaît.


    Il n’y a pas d’un côté nous, et de l’autre la vie. 
    Nous sommes la vie, et la vie se vit d'elle-même, sans comment, sans pourquoi, sans saisie.

     

     


  • L’Amour

     

    L’Amour est disponible en toute circonstance et pour tous les êtres, sans marchandage, sans exigence, sans notion de mérite ou de récompense.
    L’Amour ne demande rien.
    L’Amour, cette Lumière en nous, est pure Présence, accueil et soutien inconditionnel de ce qui est vécu.
    L’Amour ne juge pas, n’évalue pas, n’a pas de préférences.
    S’il y a tristesse, tristesse.
    S’il y a colère, colère.
    S’il y a détresse, détresse.
    S’il y a peur, peur.
    S’il y a joie, joie.
    Dans la peine, dans la douleur, dans le sentiment d’injustice, dans la victimisation, le ressentiment, la rage, l’angoisse ou le désespoir, l’Amour nous soutient simplement et ne nous demande pas de modifier notre façon de réagir, de ressentir, de penser. L’Amour ne nous demande pas de positiver, d’être fort, d’être courageux, d’avoir confiance, de maîtriser nos émotions, d’être patient, de pardonner, de relever la tête, de nous responsabiliser, de prendre du recul, de ne pas croire aux histoires du mental, d’avoir la Foi, ni même de percevoir sa Présence…
    L’Amour est là, simplement, force tranquille qui accueille tout ce qui se vit en nous et nous porte même quand tout s’effondre, giron au sein duquel nous pouvons déposer nos souffrances, expulser nos tourments, pleurer toutes les larmes du monde, nous tenir tout nu dans notre vulnérabilité.

    Quand sa Présence est perçue, il apparaît de manière évidente que la Lumière de l’Amour a toujours été et sera toujours là. Pas un instant, même quand les apparences semblent montrer tout le contraire, même quand on se sent complètement perdu ou détruit, l’Amour ne nous quitte. Il est entièrement et inconditionnellement présent et soutenant, en permanence.
    Le tour de force de l’Amour, sa magie, c’est qu’en se dévoilant à nous, Il nous permet d’accueillir tout ce qui n’est pas Amour avec sérénité. Sans que rien ne soit forcé, sans le moindre effort mental, l’acceptation se fait. Le recul, le pardon, la confiance, le courage, la Foi… Tout jaillit naturellement de cette Lumière aimante et vient féconder la psyché.
    L’Amour ne nous demande pas d’être dans l’Amour ni dans la paix, mais par son essence Il nous y amène - ou plutôt nous y ramène, car c’est de là que nous venons.
    L’Amour est l’essence de notre être, ce qui permet que la vie soit.

    N’est-ce pas paradoxal, merveilleux et déconcertant, que l’Amour soit ce qui permet à ce tout ce qui n’est pas Amour dans son expression, d’être ?


    (Extrait de La Joie d'être)

     

     






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