• Nous n'aimons que l'amour

     

    Personne n'a jamais aimé Suyin.

    Et Suyin n'a jamais aimé personne.

    Bien sûr en apparence j'aime et je suis aimée par mes proches et mes amis.

    Mais en réalité nous ne nous aimons pas les uns les autres, nous aimons l'amour que nous ressentons les uns pour les autres.

    Si une personne me dit qu'elle m'aime, en réalité elle me dit qu'elle aime l'amour qu'elle ressent à mon contact.

    Si je dis à une personne que je l'aime, en réalité je lui dis que j'aime l'amour que je ressens à son contact.

     

    En vérité, c'est l'amour que nous aimons.

    Nous sommes amoureux de l'amour, accros à l'amour, nostalgiques de l'amour.

    Nous ne cherchons qu'à ressentir l'amour, à éprouver sa densité et tous ses effets secondaires, qu'il émane de l'autre vers soi, de soi vers l'autre ou de soi vers soi. 

    Quête de reconnaissance, quête amoureuse ou quête spirituelle : même recherche.

    Nous n'aimons que l'amour, et c'est tout à fait normal puisque c'est la seule chose qui soit « vraiment vraie pour de vrai » dans ce monde. Et notre cœur le sait. 

    C'est ce que nous sommes au plus profond de nous, c'est l'essence de la vie... La vie s'aime elle-même, constamment et inconditionnellement. C'est pourquoi dès que nous nous sentons coupés de l'amour, nous souffrons, nous ne nous sentons plus vivants et nous errons à sa recherche comme des âmes en peine. 

    Nous sommes assoiffés d'amour, car c'est notre seule véritable source d'énergie. Elle est au cœur de chacun de nos atomes et nous pouvons la contacter à tout instant. Soit en nous intériorisant et en revenant au sentiment d'être, au Soi. Soit en pensant à un être que nous aimons et en laissant ce sentiment nous remplir. Soit en ressentant pleinement notre désir d'amour, en en faisant l'expérience sensorielle et en le laissant nous ramener à ce vers quoi il pointe et qui se tient là, juste derrière.  

     

    Etre conscient de cela permet d'avoir une profonde gratitude envers les êtres avec lesquels nous tissons des liens intimes, mais sans se méprendre sur ce dont il est réellement question entre nous.

    La relation est un amplificateur de l'amour, un magnifique miroir grossissant, mais elle n'est pas la cause, ni la condition, de l'amour.

    Si nous sommes bien conscients que la seule chose qui nous intéresse vraiment et qui est le pilier de notre existence, c'est l'amour, nous ne sommes plus dépendants d'une personne en particulier, ni d'une quête, car l'amour est partout et s'invite à s'éprouver d'innombrables façons, à commencer par la plus simple : la joie d'être vivant.

    Ce qui n'empêche pas d'être gourmand et de savourer et célébrer les multiples et subtiles couleurs de l'amour qui s'expriment à travers l'unicité de chaque relation, avec soi-même comme avec autrui, dans le jeu divin de la dualité.

    Je soupçonne l'amour d'être gourmand de lui-même...

     

    « L’observation, l’observateur et l’observé