• Les limites du moi

    Les limites du moi

     

    Le sentiment de moi est défini par les frontières du corps.

    Le corps est l'habitacle du moi.
    Tout ce qui se passe dans mon corps est "moi", tout ce qui se passe à l'extérieur de mon corps est "autre que moi".
    Ce qui signifie qu'il y a d'un côté "moi", défini par les limites spatiales de ce corps, et de l'autre, les milliards de choses et d'êtres vivants de l'univers qui ne sont pas moi, qui sont autres, différentes, étrangères. Un petit condensé de matière est moi. Le reste, l'immensité infinie, tout ce qui compose la vie en dehors de ce corps, n'est pas moi.
    Quelle solitude !!
    Pas surprenant que ce moi cherche tellement à être reconnu par ce qui est "autre que moi" !
    Rien d'étonnant à ce que 90 % des échanges humains se fassent sur le mode :
    - Moi, je....
    - Et bien, moi, je...
    - Ah, ben moi, je...
    Le besoin de reconnaissance n'est pas un acte péjorativement nombriliste, mais un acte de survie pour supporter l'insondable sentiment de solitude et d'isolement qui caractérise la sensation de "moi".

    La bonne nouvelle, c'est que ce sentiment de moi est une illusion, une création de la pensée.
    La science a démontré que dans l'infiniment petit, il n'y a pas de frontière entre le corps et l'espace qui l'entoure. Cette limite, cette frontière qui fissure la perception en deux : "moi" et "non-moi", n'a pas de réalité physique. Elle est un produit de l'esprit. Elle est imaginaire. Elle nous a été inculquée dans la petite enfance. Pas de problème en soi avec cela, mis à part que l'on y croit. On ne nous a pas précisé qu'il s'agissait d'une création psychique. On nous a fait croire que c'était réel, comme le père noël. Et cela, ce mensonge involontaire, nous fait souffrir en nous isolant du reste du monde et en nous coupant de notre vraie nature.

    Alors, si cette frontière entre "moi" et "non-moi" n'existe pas réellement, il en résulte que soit "tout est moi", soit "rien n'est moi". Totalité ou Vacuité. Ce qui revient au même. Ou bien il n'y a plus de notion de "soi", ou bien il y a la notion d'un seul et unique Soi. Dans les deux cas, il n'y a plus de sentiment de solitude.

    C'est réconfortant.
    Quand on sait cela, quand nous sommes au courant qu'il n'y a aucune séparation entre notre corps physique et le monde, même si l'illusion du moi est toujours présente, le sentiment de solitude est moins fort. On ne peut plus vraiment y croire, et la vérité peut être rétablie peu à peu dans notre perception.

     

     

    « Le moi est comme le père NoëlOn ne peut jamais être coupé de soi-même »