• Le flocon et l'eau - parabole de la forme et du sans-forme

     

    Le flocon et l'eau - parabole de la forme et du sans-forme

     

     

    L'analogie avec le flocon de neige permet de bien clarifier les notions de personnel et d'impersonnel, d'individuel et d'universel, de relatif et d'absolu, de forme et de sans-forme.

     

    Un flocon de neige est composé d'eau. Sa nature, son essence, est l'eau. L'eau, en soi, n'a pas de forme particulière, mais elle peut connaître divers états (solide, liquide, gazeuse), et prendre diverses formes (nuages, buée, givre, pluie, neige, glace, lacs ou mer, rivières...). Quelle que soit la forme qu'elle prend, c'est toujours de l'eau. La forme peut se modifier, mais cela ne modifie pas sa nature.

    Un flocon de neige est une configuration géométrique de l'eau basée sur l'étoile à 6 branches, et chaque flocon est unique. Il semble qu'il n'en existe pas deux identiques. Cette forme unique et singulière a une durée de vie limitée dans le temps. Le flocon finira par fondre et sa forme disparaîtra. Mais sa nature, l'eau, ne disparaîtra pas. Elle prendra une autre forme. Elle se mêlera à d'autres flocons fondus pour former une flaque, ou bien elle s'évaporera et constituera un nouveau nuage, d'où naîtront peut-être de nouveaux flocons uniques et singuliers.

    Nous voyons bien que la forme (l'étoile à six branches) et le sans-forme (l'élément eau), sont une seule et même chose, que l'on nomme flocon de neige. Cependant, nous voyons bien aussi que la forme est unique et temporaire, tandis que le sans-forme qui la compose est universel et intemporel, ne changeant jamais de nature, bien que changeant sans cesse de formes.

    Sommes-nous la forme (l'organisme corps-mental unique et singulier), ou le sans-forme qui le compose (l'énergie de vie universelle) ? L'apparence et l'essence ne sont pas séparées, mais si nous sommes identifiés à l'apparence, nous nous trompons sur notre véritable nature. Nous nous croyons singuliers et temporaires (et on appelle cela un individu). L'expérience que nous vivons en tant que forme individuelle est unique et temporaire, mais ce que nous sommes, l'Absolu ou la Conscience impersonnelle, n'est pas limité à cela, et tout comme l'eau, se transforme indéfiniment, passant d'individus en individus, d'expériences en expériences, d'états en états... Sans jamais que sa nature, elle, ne soit modifiée.

     

    (extrait de La grande paix du coeur)



     

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