• L'unique réalité

     

    Si nous voulons connaître la vérité, savoir qui nous sommes vraiment, il nous faut trouver ce qui est au-delà de toute représentation, de tout concept, et dont on ne peut absolument pas douter.

    Quelle est la seule chose dont nous soyons certains, qui est au-delà des descriptions que l'on nous a faites à propos de nous-mêmes et du monde, qui n'est pas un état ni une expérience, qui est inaltérable, que l'on ne peut pas perdre, que l'on ne peut ni nous donner ni nous prendre, et qui est commune à tous?

    C'est le fait d'être.

    Le fait d'être est la seule réalité, la seule vérité sur laquelle nous puissions asseoir notre sécurité intérieure.

    Tous les phénomènes vont et viennent, toutes les expériences ont un début et une fin (y compris les expériences d'éveil). Rien de tout cela ne peut nous apporter la satisfaction véritable car nous ne pouvons nous appuyer sur aucun état, aucune vision, aucune expérience dès l'instant que ceux-ci ne sont pas permanents.

    La seule chose sur laquelle nous pouvons fonder notre sécurité et notre foi est ce qui est permanent et universel : être.

    Non pas être quelqu'un avec une identité, ni être éveillé, mais juste être.

    En restant avec cela, avec le fait d'être, en oubliant tout le reste et en laissant notre attention se reposer uniquement en cela, nous faisons le constat que le fait d'être est conscience. Le fait d'être se connait lui-même et se reconnait.

    Etre, c'est être conscience.

    Voilà l'unique réalité.

     


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    L'ultime destination c'est Maintenant

     

    L'état d'esprit de la plupart des êtres humains, dans la vie quotidienne, est de tendre vers le futur, vers un futur meilleur. La conscience ordinaire, qui vit dans le temps psychologique, est comme un projectile dirigé vers une cible, vers un but. Cet objectif est d'être heureux, pleinement satisfait.

    « ça ira mieux plus tard » : quand j'aurai la compagne ou le compagnon idéal, quand j'aurai plus d'argent, une meilleure santé, plus de temps pour moi, un métier plus valorisant, la reconnaissance sociale, ou bien quand les enfants seront grands, ou quand j'aurai concrétisé tel ou tel rêve, ou encore quand je me réaliserai spirituellement... Quand j'aurai accompli certaines choses, ou quand je serai éveillé, je serai enfin heureux(se)...

    Ainsi, chaque instant est vécu dans l'attente de cet accomplissement, dans la tension vers cette destination ultime qui couronnerait le parcours de notre existence. Se projeter vers cette ligne d'arrivée est ce qui donne sens à notre vie et à nos actions.

    Mais nous n'atteindrons jamais cette ligne, cette destination. Nous pouvons constater que c'est un leurre, car dès qu'un but est accompli, après un temps de satisfaction, un nouveau se profile. Nous voulons toujours plus, toujours mieux. Et ce « mieux », nous le projetons dans le futur.

    La seule ligne d'arrivée que nous atteindrons, c'est la mort, la fin de l'histoire. Et si nous ne stoppons pas cette course perpétuelle vers l'avant, nous mourrons sans avoir connu la véritable satisfaction, sans avoir découvert le but ultime de notre existence.

     

    Notre seule et ultime destination, c'est Maintenant.

    Il n'y en a pas d'autre, et il n'y en aura jamais d'autre.

    Le goût, la saveur de Maintenant, amène au cœur de l'Etre, de l'expérience existentielle.

    Le goût de Maintenant est une plénitude qui ouvre le cœur et dissout le sentiment de séparation. C'est une grâce qui comble toute attente, et qui n'est pas dépendante des circonstances.

     

    Il n'y aura jamais de futur meilleur, car tant que nous ne goûtons pas la saveur de Maintenant, même si les circonstances de notre vie deviennent plus agréables, même si nous réalisons nos rêves les plus beaux, nous continuons à nous sentir insatisfaits et à tendre vers un futur meilleur.

    Il n'y a bien sûr rien de mal à chercher à améliorer les circonstances de la vie ni à oeuvrer pour réaliser nos rêves, mais dès que notre conscience épouse l'instant présent, les circonstances deviennent secondaires car nous goûtons une indicible profondeur d'être et nous touchons ce bonheur que nous recherchons.

     

    Lorsque nous réalisons que notre objectif (être pleinement satisfait) revient finalement à jouir d'un état d'être dans lequel il n'y a plus d'attente, donc plus d'objectif, nous comprenons que nous n'arriverons jamais nulle part car nous arpentons un chemin sans destination, et que toute tension vers le futur nous éloigne en fait radicalement de notre but.

    Nous pouvons alors stopper la course insensée du temps psychologique pour nous aligner sur le Présent et découvrir qu'il est non seulement notre seul objectif, mais qu'il nous est offert en permanence.

     

    (extrait de La Grande Paix du coeur)

     

     

     

     

     

     






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