• Je suis une intention

     

    Je ne suis pas une personne.
    Je suis une intention.

    Les événements ne nous arrivent pas parce que nous les provoquons, nous les provoquons parce qu'ils sont déjà en train d'arriver.
    Quand on s'active en vue d'un résultat, en réalité c'est le résultat qui nous guide et nous en sommes l'outil.
    Nous sommes seulement en train de dire oui au « résultat », qui n'en est pas un car il est une cause et non une conséquence.

     

     


  • L'instant présent

     

    La seule chose qui existe, c'est l'instant présent.
    Le reste n'est que fiction.
    Et qu'est-ce que l'instant présent ?
    C'est moi, là, en train d'écrire ces mots.
    C'est vous là, en train de les lire.
    Pourtant, vous lisez ces mots après que je les ai écrits,
    peut-être même longtemps après, et pas tous en même temps.

    Voilà de multiples espaces-temps différents
    unis par la magie de l'instant présent,
    là où tout est, là où tout coexiste.

     

     

    (publié dans la revue 3ème Millénaire, décembre 2015)

     

     

     


  • L'expérience existentielle

     

    Tout ce que nous vivons et tout ce qui existe dans le monde matériel, n'est que de l'expérience existentielle. La conscience est la matière première de l'univers.

    La conscience est dans tout. Elle est dans les êtres vivants et les objets inanimés, elle est dans les atomes, dans chaque particule de matière. Tout est de la conscience. Mais tout n'est pas conscient d'être de la conscience. Voilà un apparent paradoxe.
    La conscience pure n'est pas consciente d'elle -même. Pour cela, il faut qu'elle s'observe.
    La conscience pure ne s'observe pas elle-même, elle est seulement conscience d'être.
    Pas conscience d'être quelque chose, pas conscience d'être Dieu ou l'univers, pas conscience d'être de la conscience. Juste : conscience d'être.

    Ce qui anime l'atome est la conscience d'être. Ce qui donne forme à la matière, à l'expression de la conscience d'être, ce qui permet l'expérience existentielle, est l'observateur. Il faut un témoin, avec des sens et un système d'interprétation pour créer une expérience.
    Sans observateur, il n'y a qu'un océan infini d'énergie, de frémissement d'être.
    L'univers se crée au fur et à mesure que nous le découvrons.

    « L'éveil » pourrait être cela: la conscience qui prend conscience d'elle-même. La découverte de notre vraie nature ( la pure conscience d'être) engendre un phénomène unique : la conscience d'être se découvre, se conscientise. L'alchimie de la fusion de la conscience pure avec le témoin donne naissance à la reconnaissance de la conscience en tant que conscience. A travers ce « Je suis cela ! », la conscience prend conscience d'elle-même... La boucle est bouclée... L'expérience existentielle est totale.
    D'où bien souvent l'effet extatique qu'engendre le moment où l'on découvre ce que l'on est.
    Et l'on découvre que l'on a toujours su que nous étions cela, de la pure conscience, mais que nous n'en étions pas conscients.
    Nous n'étions pas conscients que nous le savions déjà.
    Encore un paradoxe... Encore un système ingénieux pour créer l'alchimie de la reconnaissance...

    Ce qui est magique, c'est qu'il semble qu'il n'y ait aucun « décideur », aucune intelligence créatrice de l'expérience. Le fait d'être engendre, par lui-même, l'expérience existentielle, car elle est simplement inévitable. Il n'y a pas de volonté derrière. C'est juste une sorte de loi, l'essence de l'Etreté. La pure conscience et l'expérience de la matière sont deux faces d'une même pièce. L'intelligence formidable que l'on observe dans la nature n'est pas issue d'un esprit omniscient qui aurait tout prévu pour que sa création fonctionne. Cette intelligence est une conséquence naturelle du fait d'être, c'est la main de l'amour de la conscience pour l'expérience existentielle, qui engendre tout naturellement la perfection de l'expérience.

    L'éveil de la conscience à elle-même pourrait bien sembler être le but de la manifestation. Mais c'est là encore un phénomène naturel, sans volonté derrière. Le fait d'être s'expérimente lui-même dans sa profondeur infinie. Il ne peut faire autrement, car c'est ce qu'il est.

    Et s'il n'y a pas de limite à cette profondeur, alors il n'y a pas de limite à la réalisation du Soi... Ce ne peut être un état que l'on atteint et qui n'évolue plus. Cela ne peut qu'aller de plus en plus loin dans les subtilités de l'expérience d'être.

     

     

     



  • Le même "je" que tout le monde

     

    Nous sommes composés de multiples « je », de multiples voix intérieures qui s'expriment par le vocable je. Ces voix sont des mouvements d'énergie qui se manifestent spontanément et se font à chaque fois passer pour « moi ».
    Leurs origines sont diverses : les conditionnements psychiques, les instincts, les bactéries, les cellules... Une grande famille plus ou moins unie, formant des grandes chaînes de réactions qui entrent souvent en conflit entre elles...
    Mais aucun de ces « je » n'est notre moi, aucun d'entre eux n'est « notre individu ». On pourrait dire que l'individu est la somme de tous ces je, de tous ces mouvements d'énergie qui se manifestent en nous sous forme de pensées ou de sensations. Il n'y a pas là de centre tangible, agissant et décideur. Le moi change en permanence, ce n'est jamais le même d'un instant à l'autre, même si nous avons l'impression qu'il s'agit d'une individualité permanente, immuable et centralisée.

    Pourtant, cet esprit immuable et permanent existe bien. Quelque chose en nous ne change jamais. En amont de tous les « je» changeants, derrière tous les faux moi , une conscience perçoit ce qui est vécu à chaque instant et accueille tout de manière égale. Et lorsqu'on la découvre, lorsque l'on rencontre notre vrai moi, on découvre que c'est une conscience impersonnelle... que c'est le même « je » que celui de notre voisin !!
    Ironie du sort... A la recherche de moi-même, voilà que j'apprends que je suis le même que tout le monde ! Que je suis le monde !
    Selon le voisin, hum... ça peut être un choc !
    Un choc absolument fantastique, un coup de foudre divin.
    Tous ceux que l'on jugeait, détestait, rejetait, méprisait... on se met à les considérer avec amour...

     

     


  • L'observation

     

    Tu t’assoies en méditation et tu observes tes pensées.
    Tu observes toutes les pensées qui passent, y compris celles qui font le constat des pensées qui passent.

    Puis, tu observes ce qui perçoit ces pensées.
    Tu observes l’observateur.

    Et là, tu t’aperçois qu’il n’y a personne qui observe.
    Stupeur !
    Il n’y a que de l’observation.
    L’observateur, c’est le fait d’observer, c’est l’observation elle-même.

    Tu t’attendais peut-être à trouver Dieu, une entité consciente cachée derrière les voiles du mental… Et tu découvres qu’il n’y a personne.

    Mais il n’y a pas rien.
    Il y a l’intensité de l’Etreté, la Présence, la conscience pure.

     

     


  • Il n’y a pas de monde

     

    Il n’y a pas de monde.

    Le monde que je connais est une possibilité de création.
    Aucun être ne perçoit ni n’interprète le monde exactement de la même manière qu’un autre.
    Nous vivons tous, tous les êtres vivants, dans un monde différent, unique pour chacun.
    Il existe une infinité de mondes, ou plus justement, une infinité de perceptions du monde.
    Comment pourrait-il y avoir un monde objectif ?

    Notre cerveau est un formidable outil de création de "réalités". C'est à dire de possibilités de manifestation d'un même matériau de base, l'énergie-conscience.
    Une même source, un même réservoir d’énergie infinie, à partir de laquelle de multiples formes peuvent émerger selon le filtre d'interprétation sensorielle qui la perçoit, et qu'elle – la conscience - utilise pour percevoir.
    La réalité n’existe pas. Tout, absolument tout est relatif.

    Depuis cette perspective, comment pourrait-il y avoir de jugement ? Aucun monde n’a plus de valeur qu’un autre, aucun n’est mieux qu’un autre. Chaque monde est simplement une variante de l’infini des possibles, et chacun est un miracle.

    Quand la notion de valeur s’écroule, un infini respect pour toute forme de vie et pour toute forme d’expérience la remplace.

     

     


  • La conscience n’est pas voilée

     

    La conscience n’est pas voilée, la connaissance n’est pas cachée, il n’y aucun voile entre nous et elle. C’est ce mythe lui-même qui nous maintient hors de sa portée !


    La conscience est la lumière qui éclaire tous les phénomènes que nous vivons. Rien ne la masque à notre perception. C’est juste que nous ne regardons pas dans sa direction. Nous ne regardons pas la source qui illumine les choses, nous regardons les choses. Comme le dit la tradition hindouiste : « Non pas ce que je vois, mais ce par quoi je vois, ceci est Brahman, l’Eternel, non pas ce que les gens adorent ici. »


    Rien ne nous empêche pourtant de diriger notre regard vers elle. Il n’est nul besoin de longues pratiques spirituelles ou énergétiques pour cela, nul besoin de nous purifier de pensées, d’émotions ou de conditionnements supposés la dissimuler à notre vision. Nul besoin d’augmenter notre taux vibratoire ou de faire monter notre kundalini. Il suffit de tourner le regard à l'intérieur de nous-même, vers ce qui vit l’expérience qui est en train d’être vécue, ce qui la met en lumière, ce qui l’observe et la constate, à chaque instant et quelle que soit cette expérience.


    Tout ce que nous cherchons est là en permanence, à nu, sans protection et sans condition, offert à notre vue.

     

     


  • "Ce qui est vécu"

     

    Quand la perception, l'attention, se déplace de "quelqu'un qui vit quelque chose" à "ce qui est vécu", il n'y a plus de non à ce qui est, et il n'y a plus de manque de ce qui n'est pas.
    "Ce qui est vécu" n'appartient à personne, il n'y a pas d'identification, cela apparaît simplement dans le champ de la conscience.
    La situation vécue est alors parfaite telle qu'elle est dans l'instant, il n'y a ni jugement ni refus de l'événement, ni aspiration à le changer.


    Vouloir changer ce qui est paraît alors aussi absurde que de vouloir changer la position d'une étoile ou la course d'un nuage en observant le ciel.

     

     


  • La conscience aime être

     

    Derrière chaque chose que nos sens perçoivent, il y a de la conscience.

    Il n'y a rien qui ne soit pas de la conscience en amont de la forme.
    Et la qualité, le parfum de la conscience, est quelque chose qui ressemble à ce qu'on appelle l'amour.
    L'amour d'être.
    La conscience aime être.

    C'est merveilleux ! L'amour d'être sous-tend tout ce que nous vivons, quelle qu'en soit la forme.
    Que ce soit la joie ou la peine, le bonheur ou la souffrance, le plaisir ou la douleur.
    Quand nous sommes heureux, l'amour d'être illumine nos cœurs de sa bénédiction.
    Quand nous souffrons, l'amour d'être, par son silencieux soutien inconditionnel à la vie, nous aide à traverser l'épreuve.

    La conscience aime être, passionnément.
    C'est un feu joyeux, serein, vibrant.
    Un désir ardent porté par une plénitude totale.
    Ah... L'assurance tranquille de l'Eternité !
    Tout ce qui est à accomplir l'est, tout ce qui est à vivre est en train d'être vécu. Et dans une perspective linéaire du temps, il en sera toujours ainsi. Pas le moindre sentiment de frustration, de manque, d'impatience.

    Le désir ardent d'être est comblé. C'est à la fois jubilatoire et tout à fait naturel.
    C'est la condition de l'Etre. La nature de la conscience est jubilation sans début ni fin.

     

     

    (extrait de La joie d'être)

     


  • On ne peut jamais être coupé de soi-même

     

    On ne peut jamais être coupé de soi-même, du Soi.
    Quelle que soit la perception qui est vécue, l'identification à un individu ou l'éveil à la nature impersonnelle, c'est toujours la même conscience, c'est toujours Soi.
    C'est la même conscience, l'Etre, qui change simplement de perspective.

    Au niveau le plus densifié, la conscience se prend pour une personne, elle est comme "centralisée", "recroquevillée", et elle perçoit tout en terme de dualité "moi" et "autre". Au niveau le moins densifié, la conscience ne perçoit plus depuis un centre. Elle est la totalité, elle est Ce qui est. Elle se reconnaît dans tout.
    La conscience peut naviguer d'un monde à un autre, du manifesté au non-manifesté, de l'ego au divin.
    Elle est l'expérience de l'ego, elle est l'expérience du divin, elle est l'expérience du voyage de la perception.

    Quand nous sommes identifiés à une personne, nous nous sentons coupés de nous-mêmes, de notre "vraie nature". Mais c'est une illusion, seulement une illusion. Nous sommes notre vraie nature, en permanence, cela ne peut être autrement. Nous sommes notre vraie nature qui se perçoit comme coupée d'elle-même.

     

     

     






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